Selon la loi, 82 candidates sont assurées d’être députées car la Constitution impose un quota de 25 % de femmes. Ali al-Saadi/AFP
Directrice d'une télévision locale, elle est à la tête du minuscule Parti Fayli kurde d'Irak. « Je pense que la mentalité des électeurs a changé et je m'en réjouis car avec ma photo, je fais passer le message que les temps ont changé », ajoute-t-elle en évoquant l'époque récente où les milices religieuses, nées du chaos de l'invasion de 2003, contraignaient les femmes à se voiler.
Pour ce second scrutin depuis la chute de Saddam Hussein, 1 801 candidates sont en lice et, selon la loi, 82 sont assurées d'être députées car la Constitution impose un quota de 25 % de femmes.
« Lors du dernier scrutin législatif, les noms et surtout les photos des candidats ne figuraient pas sur les affiches car nous pouvions constituer une cible pour el-Qaëda qui s'était juré d'empêcher les élections », raconte Safiya al-Souhaïl, candidate de l'Alliance de l'État de droit conduite par le Premier ministre Nouri al-Maliki. Pour cette députée sortante, élue en 2005 sur la liste laïque d'Iyad Allawi, « être non voilée ne signifie pas qu'on rejette la religion. Notre Constitution est claire : notre État respecte l'islam, mais ce n'est pas un État islamique ».
La présence de femmes, cheveux au vent, a eu parfois des effets inattendus. Dans la ville pétrolière de Kirkouk, à 250 km au nord de Bagdad, l'affiche d'une candidate turcomane a provoqué des accidents de la circulation. Jala Naftaji, qui figure sur la liste du Bloc irakien, reconnaît qu'elle peut en être la responsable.
« J'en ai entendu parler, mais je pense que c'est la nouvelle expérience démocratique que connaît l'Irak qui est en cause. En tout cas, mettre des photos de femmes non voilées attire les électeurs », dit-elle en riant.
Sabah Abdel Rassoul al-Tamimi, professeur d'économie de 36 ans, n'a pas froid aux yeux. Non seulement, elle apparaît sans foulard, mais elle a même osé inscrire son numéro de téléphone sur ses tracts.
Sammy KETZ (AFP)

