Le parti d'extrême droite du député néerlandais Geert Wilders a réalisé une percée électorale en arrivant mercredi en tête aux municipales à Almere, ville de près de 190 000 habitants, lors d'un scrutin test à trois mois d'élections législatives anticipées. Les deux principaux partis de l'ex-coalition gouvernementale du Premier ministre Jan Peter Balkenende ont de leur côté enregistré un score en baisse par rapport aux municipales de 2006, selon des résultats partiels publiés hier. Les résultats définitifs des élections doivent être rendus publics aujourd'hui par les municipalités elles-mêmes, selon un porte-parole du conseil électoral néerlandais. Aucun sondage de sortie des urnes n'avait été réalisé mercredi soir. Des recomptages de voix ont été décidés dans plusieurs petites communes. Le PVV, créé en 2006, qui affirme vouloir « lutter contre l'islamisation des Pays-Bas », a obtenu 21,6 % des voix à Almere, seule ville où il présentait des candidats avec La Haye, où il est arrivé en seconde position. À Almere, le PVV avait obtenu 27,14 % des suffrages aux élections européennes de juin 2009, loin devant les autres partis, le parti travailliste (PvdA) étant deuxième avec 12,74 % des voix. Au niveau national, le PvdA de l'ancien ministre des Finances Wouter Bos, largement en tête en 2006, perd plus de 6 points à 16 % des suffrages, contre 23,45 %, selon 93 % des bulletins de vote dépouillés. Le Parti chrétien-démocrate (CDA) de M. Balkenende, le principal parti de l'ex-coalition, qui avait obtenu 16,83 % des voix aux municipales de 2006, perd environ 2 points. « Nous aurions préféré voir de meilleurs résultats », a admis M. Balkenende en reconnaissant que la chute de son gouvernement, le 20 février, a joué « un rôle important ».
Le score du parti xénophobe et anti-islam a suscité colère et inquiétude parmi la communauté musulmane d'Almere, dont 35 % des habitants sont d'origine étrangère.
À trois mois des législatives anticipées, le PVV devance ou talonne dans les sondages le CDA, à la tête de la coalition de centre-gauche qui a démissionné, victime de ses dissensions sur une éventuelle prolongation de la mission des Pays-Bas en Afghanistan, souhaitée par l'OTAN. « Ce qui est possible à La Haye et Almere est possible dans tout le pays. C'est un tremplin pour notre victoire », a affirmé de son côté M. Wilders, dont le parti remporte 9 sièges sur un total de 39 à Almere. Le PVV aura donc gagné son pari. Le Parti de la liberté est « désormais l'un des principaux partis politiques du pays », estime le politologue néerlandais André Krouwel, dans un entretien à l'AFP. Le PVV « déborde d'assurance » après ses résultats « extrêmement bons », estimait également hier le quotidien populaire De Telegraaf sur son site Internet. « Wilders n'est pas du tout intéressé par la politique locale à Almere et à La Haye », souligne encore André Krouwel : « Ce sont les législatives qui l'intéressent. »
Pour les politologues néerlandais, Geert Wilders, dont le parti occupe 9 sièges de députés sur 150, a pris la place laissée vacante aux Pays-Bas par le leader populiste Pim Fortuyn, assassiné en 2002.
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