Rechercher
Rechercher

Mode - Semaines De La Mode

Londres, Milan et Paris après New York

Giorgio Armani automne-hiver 2010/2011.  Photo Filippo Monteforte/AFP

Le monde de la mode britannique s'est retrouvé à Londres mi-février pour la présentation des collections automne-hiver 2010, mais le récent suicide de son enfant terrible, le styliste Alexander McQueen, a jeté un voile sombre sur l'événement traditionnellement festif.
Ses pairs ont prévu un hommage « simple et respectueux », organisé en accord avec sa famille : les participants de la Fashion Week, qui se déroulait jusqu'au 24 février, pouvaient déposer des messages sur un panneau à Somerset House, principal site de présentation des collections.
Ces messages seront ensuite rassemblés dans un livre qui sera remis à la famille de McQueen.
Londres est l'une des quatre prestigieuses scènes mondiales de la mode - avec Paris, Milan et New York -, mais est davantage considérée comme un incubateur de jeunes talents qu'un lanceur de tendances.
Cette édition a de nouveau attiré ces poids lourds, pour le plus grand plaisir des organisateurs et des fashionistas qui ont considéré la Fashion Week de septembre dernier comme la meilleure jamais tenue.
Les valeurs montantes comme Christopher Kane, Erdem, Marios Schwab, Mark Fast ou encore Peter Pilotto vont côtoyer les « vétérans », tels John Rocha, Paul Costelloe, Caroline Charles ainsi que Betty Jackson, Julien Macdonald, Jasper Conran et Nicole Farhi.
Et, innovation cette année, les défilés du programme officiel -qui compte 68 stylistes - ont été diffusés en direct sur l'Internet, mettant fin à la course effrénée des fashion victims pour obtenir un précieux sésame afin d'assister aux présentations. C'est surtout le moyen pour Londres de montrer sa créativité, immédiatement et dans le monde entier.

À Milan, retour aux années 1980 avec Dsquared2
Milan s'est réveillé dans les années 1980 avec le défilé en rouge et noir de Dsquared2 tout en cuissardes, robes zippées le long du dos et interminables gants en latex.
« Hélas, je suis retombée dans la luxure et la sueur », soupire une voix féminine annonçant le programme. Deux hommes au physique de videurs font glisser le grand rideau noir, découvrant une cage d'ascenseur en hauteur enfermant un mannequin. Dans un nuage de fumée, elle descend lentement, ouvre la grille et se lance sur la passerelle.
Elle est nue sous son manteau noir aux larges bandes de fourrure sur le col et autour de la taille, à l'exception d'une culotte en latex rouge.
De chaque côté de la scène, debout à côté des colonnes, deux bodybuilders en slip doré, le torse recouvert de bandages et d'énormes tennis blanches aux pieds.
Les cheveux lissés vers l'arrière et le maquillage outrancier, regard charbon et bouche vermeille, les mannequins présentent des variations de rouge et noir, avec quelques gris flanelle et un peu de caramel, « entre filles mangas et femmes fatales », selon la marque.
« Sicilianité, sensualité », c'était le programme de Dolce&Gabbana dimanche, au dernier jour des défilés de Milan : du noir, de la lingerie et un hommage au savoir-faire des ateliers.
Le premier mannequin apparaît en courte veste croisée et culotte satinée. En noir intégral, dominante de la collection. Une autre veste, avec un bermuda cette fois. Une redingote sur un body, puis fermée sur un short laissant dépasser un bout de dentelle.
L'astuce fonctionne à merveille : en dénudant à moitié le mannequin, l'œil se recentre rapidement sur le seul élément de vestiaire présenté, sur lequel il se pose quelques secondes au lieu de le balayer comme c'est souvent le cas, en raison de la rapidité des présentations.
Pour saluer, toutes les filles reviennent ensemble sur la passerelle, en vestes noires de différentes longueurs et exposant des jambes interminables.
Dans la matinée, Marni était restée fidèle à son style un peu décalé, misant moins sur le sex-appeal que sur les formes et les couleurs. Consuelo Castiglioni a présenté des ensembles avec bermudas, chaussettes montant jusqu'au genou, ou des jupes évasées.
Une élégance tout velours était proposée chez Giorgio Armani tandis que plusieurs marques s'inspiraient de l'uniforme militaire, ses capes, ses épaulettes et ses boutons dorés. Chez Armani, chic et confortable, avec des jupettes bouffantes et des lignes d'une grande rigueur, le velours est également porté en manteau, cape ou veste, avec jupe courte en soie. Le couturier s'est amusé à faire défiler certains mannequins par deux pour montrer comment désassortir ses tailleurs.
Chez Gucci, des femmes urbaines qui aiment les peaux : manteaux en cuir ou fourrure, cuissardes en daim avec talon vernis, découpes dans les robes laissant entrevoir le grain de la leur. Beaucoup de pantalons, ce qui est rare cette saison, cigarette en l'occurrence.
Le soir, elles se transforment en créatures diaphanes, dos nu recouvert de dentelles, plumes noires, matières scintillantes.
Parmi les autres tendances qui se dessinent à Milan, la juxtaposition des matières sur un seul vêtement.
Au deuxième jour des défilés à Milan pour l'hiver prochain, les fashionistas jugeaient la tendance plutôt « raisonnable », voire « un peu sage » dans son ensemble, malgré son sex-appeal.
Jil Sander, dans la soirée, a confirmé dans la sobriété et le minimalisme, avec de nombreux tailleurs en flanelle ou laine de couleurs sombres, égayés de simples petites touches de rose. Pas le moindre décolleté, strictes queues-de-cheval et bottines plates pour tout le monde. Le lendemain, dans l'après-midi, le bruit de moteurs avait résonné chez Versace, pour un défilé sexy et coloré. À son tour, la collection Ferré a été saluée par plusieurs salves d'applaudissements spontanés, notamment ses robes du soir en camaïeux de doux dorés. Contraste absolu avec le défilé en rouge et noir de Dsquared, tout en cuissardes, robes en cuir zippées le long du dos et interminables gants en latex.

Paris
Dernière escale pour le prêt-à-porter féminin de l'automne prochain, Paris, avec pas moins de neuf jours de défilés qui se tiennent depuis le 1e mars. La dernière collection d'Alexander McQueen, qui s'est donné la mort en février, a été présentée en salon privé, sur rendez-vous uniquement. Sa maison a indiqué avoir décidé de cette présentation, plus discrète, en accord avec le groupe Gucci qui en contrôle 51 %.
Seulement quatre petits nouveaux sont au programme, dont trois ont défile dès mardi soir, ouvrant ainsi la semaine : le Belge Anthony Vaccarello, qui a remporté le Grand prix du Festival de mode de Hyères (sud-est de la France) en 2006, Nicolas Andreas Taralis, Gréco-Allemand, ancien assistant de Hedi Slimane passé par Cerruti. Et l'excentrique dandy parisien Quentin Veron, créateur de fourrure exclusivement. Le quatrième, c'est le Croate Damir Doma, 28 ans, dont les défilés homme sont très courus depuis trois ans et qui a présenté sa première collection féminine mercredi soir. Thierry Mugler réintègre le calendrier avec un défilé le 9 mars. Agnès B. le quitte, en revanche, pour présenter sa collection sur rendez-vous. Exit aussi le Belge Kriss Van Assche qui préfère, lui, se concentrer sur la mode masculine. La styliste anglaise très attendue Phoebe Philo présentera son 2e défilé pour Céline, comme le Milanais Marco Zanini, qui a pris la direction artistique de la maison Rochas l'an dernier. La marque Alexander McQueen devrait survivre au décès de son créateur, comme l'a annoncé fin février le groupe de luxe et de distribution français PPR, sans préciser qui pourrait en prendre la direction artistique. Le styliste travaillait sur cette dernière collection quand il s'est suicidé. Très attendus après les jeunes créateurs, Dries Van Noten et Gareth Pugh ont défilé mercredi, avant toutes les grandes marques au cœur de la Semaine. Clap de fin le 10 mars, avec les défilés d'Hermès, Cerruti et Miu Miu.
Le monde de la mode britannique s'est retrouvé à Londres mi-février pour la présentation des collections automne-hiver 2010, mais le récent suicide de son enfant terrible, le styliste Alexander McQueen, a jeté un voile sombre sur l'événement traditionnellement festif. Ses pairs ont prévu un hommage « simple et respectueux », organisé en accord avec sa famille : les participants de la Fashion Week, qui se déroulait jusqu'au 24 février, pouvaient déposer des messages sur un panneau à Somerset House, principal site de présentation des collections.Ces messages seront ensuite rassemblés dans un livre qui sera remis à la famille de McQueen.Londres est l'une des quatre prestigieuses scènes mondiales...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut