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Liban - Commentaire

Une table ronde… pour tourner en rond !

Cela s'annonce mal. Déjà des disputes sur la recomposition de la table ronde de dialogue national. Alors, comment envisager des débats utiles, fructueux, sur les problèmes-clés, la stratégie de défense en tête ? Dans la conjoncture actuelle, il semble évident que le processus est réengagé non pas en vue d'une prise de décisions, mais pour meubler le temps mort avec de la parlote. Car il est clair que si le droit de discuter reste acquis aux Libanais, le pouvoir de trancher revient aux Syriens. Primauté et priorité du volet régional obligent.
On sait, d'ailleurs, que les résolutions, pourtant adoptées à l'unanimité lors de la première mouture du dialogue, cornaquée par le président Nabih Berry, sont restées lettre morte. Parce que le 8 Mars, Hezbollah en tête, leur a tourné le dos sur recommandation pressante de Damas. Pour qui il est hors de question de laisser un État digne de ce nom, souverain, libre, démocratique, indépendant, maître unique de son territoire prendre corps au Liban. Ou d'opérer le tracé des frontières, d'homologuer la libanité de Chebaa et de démanteler les bases palestiniennes hors camps, avant de s'en faire payer le prix.
Pour être honnête, on doit quand même reconnaître à la table de dialogue national un mérite potentiel, d'importance secondaire au départ, mais qui pourrait s'avérer bénéfique. En effet, il vaut bien mieux que les protagonistes du cru se parlent plutôt que de se bouder ou de se tirer tout le temps dans les pattes. Il y a là, sinon une détente, du moins un engagement commun tacite d'éviter toute escalade, de conforter une stabilité politique à nette retombée sécuritaire.
Un avantage collatéral, qui ne suffit cependant pas pour gommer le passif latent. Répétons-le : dans les questions cruciales, les parties prenantes locales sont manifestement dans l'impossibilité de s'accorder pour des résolutions et des solutions effectives. Et si d'aventure certains principes doivent être retenus, il est peu douteux que les camps en présence ne s'opposent pas radicalement sur les mécanismes d'application. La concrétisation se trouve, en effet, conditionnée par les objectifs réels que chacun recherche et qui restent fondamentalement inconciliables. Car ils procèdent de deux visions d'avenir, de deux projets absolument contraires.
De plus, le principal sujet de l'heure, la stratégie de défense, déborde largement le cadre libanais. Car il ne peut prendre un sens effectif que dans la mesure où il s'inscrit dans un cadre arabe global face à Israël. Un sommet exceptionnel, en sus de la réunion de Tripoli, devrait même être organisé d'urgence. Car le bruit de bottes israélien, les menaces lancées au Liban, à la Syrie et à l'Iran, se double de lourdes provocations du Likoud au pouvoir en Israël. Dont l'annexion de nouvelles portions du territoire palestinien, la destruction d'habitations, la judaïsation accélérée de Jérusalem-Est, l'intensification de la colonisation, la mainmise sur des sites sacrés musulmans et chrétiens.
Mais jamais les Arabes n'ont pu mettre au point, sauf sur le papier, une ligne de défense ou de prévention commune. Il serait donc bon que le Liban cherche un moyen de veiller au grain. Le président Michel Sleiman pourrait, à cet effet, rencontrer le président Bachar el-Assad de Syrie pour tenter de décrocher un accord permettant de désamorcer la bombe à retardement israélienne ou d'atténuer le danger d'une nouvelle guerre. Le chef de l'État rappellerait à son interlocuteur que la Syrie a toujours affirmé qu'elle considérerait toute agression israélienne contre le Liban comme la visant elle-même.
Un sommet bilatéral dispenserait automatiquement la table de dialogue national de se casser la tête avec le problème de la stratégie. Les deux présidents décideraient des mesures à prendre ensemble en cas d'attaque israélienne. Ou encore des moyens à mettre en œuvre pour relancer en commun un processus négociatoire de paix. Étant entendu que les pays amis doivent être sollicités, mobilisés diplomatiquement à fond pour dissuader Israël. Le principal étant qu'il est inadmissible, et potentiellement insupportable, que le Liban reste le seul front ouvert, ou dangereusement semi-ouvert comme c'est le cas actuellement, face à l'ennemi. Il doit recouvrer le statut de pays de soutien, et non de confrontation, que la Ligue arabe lui avait attribué. La Syrie a refusé de se mouiller, comme on dit familièrement, lors de la guerre de juillet 2006 dont le Liban continue encore à souffrir. Elle s'est même dérobée plus d'une fois, s'est abstenue de toute riposte, lors d'agressions ou d'exactions israéliennes à l'intérieur de son propre territoire. Serait-ce trop lui demander que de laisser le Liban suivre son exemple ?
Cela s'annonce mal. Déjà des disputes sur la recomposition de la table ronde de dialogue national. Alors, comment envisager des débats utiles, fructueux, sur les problèmes-clés, la stratégie de défense en tête ? Dans la conjoncture actuelle, il semble évident que le processus est réengagé non pas en vue d'une prise de décisions, mais pour meubler le temps mort avec de la parlote. Car il est clair que si le droit de discuter reste acquis aux Libanais, le pouvoir de trancher revient aux Syriens. Primauté et priorité du volet régional obligent.On sait, d'ailleurs, que les résolutions, pourtant adoptées à l'unanimité lors de la première mouture du dialogue, cornaquée par le président...
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