Claudio Trovajoli, Daniele Pascoletti et Giovanni Gnocchi, un trio qui ressuscite le romantisme d’antan. (DR)
Dans l'allegro du Trio n°1, on note le sens du phrasé des musiciens et leur écoute attentive. On apprécie la fluidité des mélodies, quand le thème commencé au violon se poursuit au violoncelle. Dans l'andante, le piano est clair et léger comme des gouttes d'eau. À la fois discret et profond, le jeu correspond à l'esprit de cette musique. Les passages dramatiques sont rendus par une interprétation tout en nuances. Les trois musiciens émeuvent par leur phrasé plein de vie, par l'appel romantique qui émane d'un jeu d'une authenticité limpide...
Le jeu des musiciens révèle à chaque mesure l'ingéniosité du compositeur. Intime et tourmentée, la musique de Franz Schubert nous touche.
Plongée dans un monde beaucoup plus ouvertement expressif ensuite avec le Trio en la mineur que Tchaïkovski a composé sous le choc de la mort de son ami Nicolaï Rubinstein. Il y exprime l'angoisse de la mort que cet événement a suscitée. La dédicace de la partition indique: «À la mémoire d'un grand artiste.» Ce Trio élégiaque pour piano est donc marqué d'une perspective tragique. Autre particularité: l'œuvre (le second mouvement en particulier) est incontestablement la pièce pour piano de Tchaïkovski la plus difficile à jouer.
Le « pezzo », sinistre rêverie, est un premier mouvement conventionnel avec une superbe ouverture au violoncelle utilisant un thème qui devient finalement une marche funèbre. Le deuxième mouvement est en revanche plus original : il débute avec une mélodie classique qui deviendra de plus en plus enthousiaste, pour atteindre finalement le point culminant avec la variation finale. La pièce se termine avec une nouvelle marche funèbre.
L'interprétation donnée par le David Trio a suivi un peu les aléas de l'œuvre, au discours décousu et parfois convenu, bien que d'une grande inventivité mélodique.


