De son côté, le chef du CPL, Michel Aoun, a mis l'accent sur le fait que « le dialogue ne peut être fructueux s'il demeure confiné au thème des armes du Hezbollah » car, selon lui, « la majorité des Libanais est d'accord à ce sujet ».
Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a quant à lui exprimé son soutien au chef de l'État dans son appel à la reprise du dialogue, dont il a souligné « l'urgence, surtout après le sommet de Damas et les propos du secrétaire général des Nations unies au sujet des armes du Hezbollah ».
M. Souhaid a toutefois souligné qu'il existe « des observations de la part des forces du 14 Mars pour ce qui est de la forme », réclamant par ailleurs une présence arabe à la table de dialogue.
En réponse, le député Nawwaf Moussaoui, membre du bloc du Hezbollah, a estimé qu'une participation de la Ligue arabe au dialogue « ne pourrait avoir aucun effet ». Il a par ailleurs indiqué que le Hezbollah allait prendre en considération le fait que « des copies de ce qui se discute au cours des séances de dialogue parviennent à l'ambassade des États-Unis ».
Les Kataëb ont de leur côté pris acte de la formation du comité de dialogue et annoncé qu'ils feront part très prochainement de leur position à ce propos, se contentant pour le moment d'exprimer leur « soutien au dialogue entre Libanais de façon générale ».
Même son de cloche du côté des Forces libanaises : « Personne ne discute de la nécessité de former le comité de dialogue et le timing est bon », a ainsi indiqué Antoine Zahra, député du Batroun, tout en affirmant sa volonté de temporiser avant d'annoncer une position définitive à ce sujet. M. Zahra a toutefois souligné que la non-représentation du bloc de Zahlé était « incompréhensible » et estimé nécessaire une participation au dialogue de la Ligue arabe.
Prié de commenter sa mise à l'écart de ce nouveau comité alors qu'il faisait partie de l'ancien, le ministre du Travail, Boutros Harb, a répondu : « J'avais été informé par avance de la décision par une autre personne que le président. Et je n'ai rien fait pour qu'elle soit amendée, et cela pour des raisons notoires. »
« Je ne crois plus dans les vertus de la table de dialogue, car elle est devenue un cadre destiné à rassurer et à anesthésier bien plus qu'à favoriser le dialogue, l'entente et la solution », a-t-il dit.
Tony Aboukhater, député de Zahlé et chef du bloc des parlementaires de ce caza, a affirmé que la décision d'écarter les députés zahliotes du comité de dialogue a suscité une « grande déception » dans cette région. « Pourquoi ne pas tenir compte des résultats des élections ? » a-t-il demandé.
« Nous respectons la personne qui a été nommée par le président de la République (le professeur Fayez Hajj Chahine), mais elle ne jouit d'aucune représentativité populaire et n'habite même pas la ville de Zahlé », a souligné M. Aboukhater.
Il a précisé que le bloc de Zahlé a demandé une audience auprès du chef de l'État dans les prochains jours pour « rectifier l'erreur ».
Nabil de Freige, député de Beyrouth et membre du bloc haririen, a estimé que la composition du comité « transgresse tous les équilibres et paraît tronquée, d'autant qu'elle renforce la représentation de certaines catégories et en ignore d'autres ».
M. de Freige a en outre critiqué « l'insistance à marginaliser les minoritaires de toute question nationale, comme si cette catégorie essentielle de la société libanaise n'était pas concernée par les questions décisives ».
Le député Mohammad Kabbara (Tripoli) a également émis des réserves sur la composition du comité, faisant remarquer que le chef de l'État s'est « abstenu de préciser les critères adoptés pour mettre au point cette mouture ».
« Certaines nominations ont été faites dans un esprit de compromis et cela risque de conduire au torpillage du dialogue », a-t-il dit.
L'ancien Premier ministre Omar Karamé a affirmé qu'il ne prêtait « aucune importance à la table de dialogue » et estimé qu'« après la première ou la deuxième séance, c'en sera fait du dialogue ».
Le secrétaire général du Parti communiste libanais, Khaled Hdadé, a remercié les forces et personnalités qui ont critiqué la mise à l'écart du PCL, tout en soulignant que ce parti est « satisfait de ne pas figurer dans un corps incapable de mener à bien l'unique tâche qui lui est confiée ».
Le député du Baas prosyrien, Assem Kanso, a imputé au président de la République « la responsabilité de la mise à l'écart du Baas » et s'est interrogé sur « la réalité de la neutralité du président ».
Enfin, le brigadier Moustapha Hamdane, ancien chef de la garde républicaine sous le mandat du président Émile Lahoud, a déploré le timing de l'annonce de la composition du comité de dialogue, « comme s'il s'agissait de se soumettre à la campagne de menaces étrangères, à commencer par celle de Ban Ki-moon, puis celle de Hillary Clinton et pour finir celle d'Ehud Barak ».
Le brigadier Hamdane a déploré aussi l'absence de ce comité « de certains symboles nationaux, comme Sélim Hoss ou Omar Karamé ». « Malgré la présence de certaines personnalités que nous respectons, nous ne considérons pas qu'elles sont à leur place à la table de dialogue face à un Samir Geagea », a-t-il encore dit.

