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Liban - Réactions

Comité de dialogue : les chrétiens du 14 Mars mécontents

L'annonce dimanche par la présidence de la République de la formation du nouveau comité de dialogue national a suscité de nombreuses répliques, plutôt mitigées dans l'ensemble, au sein de la classe politique.
Les chrétiens du 14 Mars semblent assez mécontents de la formule retenue par Baabda pour la composition de la nouvelle table de dialogue chargée de débattre de la stratégie défensive. On estime en effet dans ces milieux que la mouture adoptée fait la part belle au 8 Mars. Et certains médias, comme la MTV, affirment que Bkerké se joindrait dans les jours qui viennent à ce mouvement de mécontentement.
De son côté, le chef du CPL, Michel Aoun, a mis l'accent sur le fait que « le dialogue ne peut être fructueux s'il demeure confiné au thème des armes du Hezbollah » car, selon lui, « la majorité des Libanais est d'accord à ce sujet ».
Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a quant à lui exprimé son soutien au chef de l'État dans son appel à la reprise du dialogue, dont il a souligné « l'urgence, surtout après le sommet de Damas et les propos du secrétaire général des Nations unies au sujet des armes du Hezbollah ».
M. Souhaid a toutefois souligné qu'il existe « des observations de la part des forces du 14 Mars pour ce qui est de la forme », réclamant par ailleurs une présence arabe à la table de dialogue.
En réponse, le député Nawwaf Moussaoui, membre du bloc du Hezbollah, a estimé qu'une participation de la Ligue arabe au dialogue « ne pourrait avoir aucun effet ». Il a par ailleurs indiqué que le Hezbollah allait prendre en considération le fait que « des copies de ce qui se discute au cours des séances de dialogue parviennent à l'ambassade des États-Unis ».
Les Kataëb ont de leur côté pris acte de la formation du comité de dialogue et annoncé qu'ils feront part très prochainement de leur position à ce propos, se contentant pour le moment d'exprimer leur « soutien au dialogue entre Libanais de façon générale ».
Même son de cloche du côté des Forces libanaises : « Personne ne discute de la nécessité de former le comité de dialogue et le timing est bon », a ainsi indiqué Antoine Zahra, député du Batroun, tout en affirmant sa volonté de temporiser avant d'annoncer une position définitive à ce sujet. M. Zahra a toutefois souligné que la non-représentation du bloc de Zahlé était « incompréhensible » et estimé nécessaire une participation au dialogue de la Ligue arabe.
Prié de commenter sa mise à l'écart de ce nouveau comité alors qu'il faisait partie de l'ancien, le ministre du Travail, Boutros Harb, a répondu : « J'avais été informé par avance de la décision par une autre personne que le président. Et je n'ai rien fait pour qu'elle soit amendée, et cela pour des raisons notoires. »
« Je ne crois plus dans les vertus de la table de dialogue, car elle est devenue un cadre destiné à rassurer et à anesthésier bien plus qu'à favoriser le dialogue, l'entente et la solution », a-t-il dit.
Tony Aboukhater, député de Zahlé et chef du bloc des parlementaires de ce caza, a affirmé que la décision d'écarter les députés zahliotes du comité de dialogue a suscité une « grande déception » dans cette région. « Pourquoi ne pas tenir compte des résultats des élections ? » a-t-il demandé.
« Nous respectons la personne qui a été nommée par le président de la République (le professeur Fayez Hajj Chahine), mais elle ne jouit d'aucune représentativité populaire et n'habite même pas la ville de Zahlé », a souligné M. Aboukhater.
Il a précisé que le bloc de Zahlé a demandé une audience auprès du chef de l'État dans les prochains jours pour « rectifier l'erreur ».
Nabil de Freige, député de Beyrouth et membre du bloc haririen, a estimé que la composition du comité « transgresse tous les équilibres et paraît tronquée, d'autant qu'elle renforce la représentation de certaines catégories et en ignore d'autres ».
M. de Freige a en outre critiqué « l'insistance à marginaliser les minoritaires de toute question nationale, comme si cette catégorie essentielle de la société libanaise n'était pas concernée par les questions décisives ».
Le député Mohammad Kabbara (Tripoli) a également émis des réserves sur la composition du comité, faisant remarquer que le chef de l'État s'est « abstenu de préciser les critères adoptés pour mettre au point cette mouture ».
« Certaines nominations ont été faites dans un esprit de compromis et cela risque de conduire au torpillage du dialogue », a-t-il dit.
L'ancien Premier ministre Omar Karamé a affirmé qu'il ne prêtait « aucune importance à la table de dialogue » et estimé qu'« après la première ou la deuxième séance, c'en sera fait du dialogue ».
Le secrétaire général du Parti communiste libanais, Khaled Hdadé, a remercié les forces et personnalités qui ont critiqué la mise à l'écart du PCL, tout en soulignant que ce parti est « satisfait de ne pas figurer dans un corps incapable de mener à bien l'unique tâche qui lui est confiée ».
Le député du Baas prosyrien, Assem Kanso, a imputé au président de la République « la responsabilité de la mise à l'écart du Baas » et s'est interrogé sur « la réalité de la neutralité du président ».
Enfin, le brigadier Moustapha Hamdane, ancien chef de la garde républicaine sous le mandat du président Émile Lahoud, a déploré le timing de l'annonce de la composition du comité de dialogue, « comme s'il s'agissait de se soumettre à la campagne de menaces étrangères, à commencer par celle de Ban Ki-moon, puis celle de Hillary Clinton et pour finir celle d'Ehud Barak ».
Le brigadier Hamdane a déploré aussi l'absence de ce comité « de certains symboles nationaux, comme Sélim Hoss ou Omar Karamé ». « Malgré la présence de certaines personnalités que nous respectons, nous ne considérons pas qu'elles sont à leur place à la table de dialogue face à un Samir Geagea », a-t-il encore dit.
Les chrétiens du 14 Mars semblent assez mécontents de la formule retenue par Baabda pour la composition de la nouvelle table de dialogue chargée de débattre de la stratégie défensive. On estime en effet dans ces milieux que la mouture adoptée fait la part belle au 8 Mars. Et certains médias, comme la MTV, affirment que Bkerké se joindrait dans les jours qui viennent à ce mouvement de mécontentement.De son côté, le chef du CPL, Michel Aoun, a mis l'accent sur le fait que « le dialogue ne peut être fructueux s'il demeure confiné au thème des armes du Hezbollah » car, selon lui, « la majorité des Libanais est d'accord à ce sujet ».Le secrétaire général du...
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