Le commissaire européen Olli Rehncher rencontrant le Premier ministre George Papandréou. Louisa Gouliamaki/AFP
« Des risques liés aux évolutions macroéconomiques et au développement des marchés sont réels, et des mesures de consolidation supplémentaires sont nécessaires pour être sûrs d'atteindre l'objectif d'une réduction du déficit cette année », a déclaré M. Rehn à l'issue d'un entretien avec le ministre des Finances, George Papaconstantinou.
Le ministre grec a de son côté affirmé que « le gouvernement fera tout, y compris en prenant de nouvelles mesures, pour diminuer le déficit public de 4 % de PIB en 2010 », reconnaissant lui aussi les « risques visibles » pouvant empêcher la bonne application du plan de redressement national.
M. Rehn a également rencontré le Premier ministre George Papandréou et plusieurs membres de son cabinet.
Les dirigeants grecs ont déjà annoncé un vaste train de mesures fiscales et de coupes salariales dans la fonction publique. Ils examinent depuis plusieurs jours, selon la presse nationale, un nouveau tour de vis, avec l'augmentation des taux de TVA et des taxes sur alcool, tabac et carburants, sans exclure de nouvelles diminutions salariales. M. Rehn avait indiqué la semaine dernière qu'il se rendait dans la capitale grecque « pour discuter de la situation économique et budgétaire de la Grèce, et de la stabilité financière future de la zone euro, avec le gouvernement et les autorités grecs ». La Grèce est considérée comme le maillon faible de la zone euro depuis qu'elle a révélé à la fin de l'an dernier l'ampleur de son déficit et de sa dette publics, jusque-là sous-estimée. Face aux risques de contagion à toute la zone euro, les Européens ont décidé de placer le pays sous tutelle budgétaire pour s'assurer qu'il va remettre ses finances en ordre. L'Union européenne doit examiner le 16 mars s'il y a lieu d'imposer au pays surendetté de nouvelles mesures d'économie.
Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a estimé hier que l'aide du Fonds monétaire international (FMI) pour aider la Grèce ne serait « pas nécessaire ». M. Juncker a également rappelé que les Grecs devaient strictement se tenir à leurs objectifs pour réduire la dette du pays afin de convaincre les marchés dont les récentes spéculations ont aggravé la crise. Après des rumeurs sur une préparation d'une aide des pays de la zone euro à la Grèce, la chancelière allemande Angela Merkel a exclu dimanche toute aide financière de l'Allemagne à la Grèce, invitant plutôt celle-ci à « remplir ses devoirs ».
Mais selon la presse financière, Paris et Berlin travailleraient à un plan pour aider la Grèce à émettre de nouvelles obligations d'État pour refinancer sa dette. Il consisterait à demander à des institutions financières publiques ou parapubliques, comme KfW en Allemagne ou la Caisse des dépôts en France, de souscrire à une émission obligataire et d'encourager ainsi les banques privées à y participer. Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources officielles grecques et d'autres sources proches du dossier, la Grèce pourrait ainsi emprunter entre 20 et 30 milliards d'euros.
En visite lundi à Athènes, le président du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schultz, a critiqué les exigences de la Commission. « Les mesures prises par le gouvernement doivent d'abord être appliquées avant qu'il ne soit tenté d'imposer de nouvelles mesures sur le dos des citoyens », a-t-il déclaré.

