Bateaux projetés dans les rues et les jardins : des villes du littoral du centre du Chili portaient hier les stigmates d’une vague géante qui a forcé les riverains à courir vers les collines pour sauver leur vie. Jose Luis Saavedra/Reuters
Le ministre de la Défense, Francisco Vidal, a annoncé de son côté que la marine chilienne a commis une erreur en n'avertissant pas dans un premier temps du risque de tsunami.
À Concepcion, la deuxième ville du Chili, à plus de 400 km au sud de Santiago, où des scènes de pillage ont eu lieu, des secouristes étaient à pied d'œuvre pour dégager des décombres d'un immeuble de 15 étages des survivants qui, selon le maire, seraient au nombre d'une centaine. « Les heures, le temps, sont la variable critique pour sauver les personnes qui sont à l'intérieur », a déclaré le maire, Jacqueline van Rysselberghe. Cette dernière a mis en garde contre une aggravation de la « tension sociale » dans sa ville, la plus touchée par la secousse.
Tandis que les secouristes s'attachaient à sauver des vies, les habitants de Concepcion et des environs cherchaient à se procurer des aliments de première nécessité. Un journaliste de l'AFP a assisté à plusieurs scènes de pillage dans des supermarchés à Concepcion et dans une localité proche. La plupart des personnes s'enfuyaient avec autant de sacs de riz, de boîtes de conserves ou de bouteilles que leurs bras pouvaient porter, dans un magasin à Penco, un bourg situé à moins de 10 km de Concepcion. La télévision chilienne a aussi montré des groupes de jeunes s'enfuyant avec des appareils électroménagers sous le bras.
Dans l'ensemble du Chili, le nombres de sinistrés est évalué à deux millions. La ville de Curico, à 200 km au sud de Santiago, a été en partie détruite.
Au-delà du Chili, les conséquences du séisme ont été ressenties dans de nombreux pays du Pacifique. D'une magnitude de 8,8 sur l'échelle de Richter, le séisme qui a frappé le Chili est l'un des plus violents enregistrés dans le monde depuis plus de cent ans. Ce pays est situé dans une des zones à la plus forte activité sismique au monde. Depuis samedi, 115 répliques consécutives au séisme de samedi ont été enregistrées, dont une de 6,1 de magnitude près de Talca, à une centaine de km de Concepcion.
Malgré les dégâts, les autorités ont demandé à la communauté internationale d'attendre avant d'envoyer de l'aide. « Une aide qui arrive sans avoir été définie n'est pas d'un grand secours », a estimé le chef de la diplomatie Mariano Fernandez. La société américaine spécialisée dans la modélisation du risque, Eqecat, a évalué le coût des dégâts causés par la secousse à entre 15 et 30 milliards de dollars. Les autorités aériennes ont annoncé que l'aéroport international de Santiago, dont les terminaux ont été endommagés, ne devrait pas rouvrir à un trafic normal avant 48 heures, malgré l'atterrissage hier de plusieurs vols commerciaux « exceptionnels ».

