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Économie - France

L’Élysée met la pression sur Total pour l’avenir du site de Dunkerque

Risque de pénurie d'essence dans l'Hexagone.

De longues files attendaienthier les conducteurs qui s’approvisionnent face au risque d’une pénurie.    Photo Frank Perry/AFP

Le gouvernement français a mis en demeure hier le groupe pétrolier Total d'apporter des réponses concrètes aux revendications des syndicats sur le maintien de son activité de raffinage, au sixième jour d'un conflit qui menace d'entraîner une pénurie d'essence dans le pays.
Face à une situation bloquée et au risque de plus en plus concret de ruptures d'approvisionnement, les services du président Nicolas Sarkozy ont convoqué hier le président du conseil d'administration de Total, Thierry Desmarest.
Total, premier groupe industriel français, assure plus de la moitié de l'approvisionnement des stations-service du pays, et les dépôts de carburant, dont certains sont également en grève, ont vu leurs réserves fondre à « 7-10 jours » de consommation hier, selon l'Union française des industries pétrolières (UFIP).
La menace d'une pénurie, en plein chassé-croisé des vacances d'hiver, a déjà provoqué l'assèchement de certaines stations-service, les conducteurs s'approvisionnant par précaution. Ce sont notamment 132 stations-service Elf et Total sur 2 000 qui étaient déjà à court de carburant, selon le groupe.
Peu après que son dirigeant eut été reçu à l'Élysée, Total a annoncé avancer au 8 mars la réunion d'un comité central d'entreprise (CCE) pour « répondre à l'attente des salariés (...) et des organisations syndicales » sur les mesures de restructuration prévues.
Et depuis New York, le directeur général, Christophe de Margerie, a souligné que le groupe ne supprimera pas d'emplois. « Tous nos effectifs resteront dans la société, il n'y aura pas de départ forcé », a-t-il assuré.
Convoqué dimanche au ministère de l'Industrie, le directeur général de Total avait été sommé de fournir des « engagements chiffrés » et de tenir son engagement de « pérenniser l'activité » de la raffinerie de Dunkerque (Nord), d'où est parti le conflit.
La grève, qui touche les six raffineries de Total en France, s'est étendue la semaine dernière à partir de ce site, sur lequel le groupe veut cesser l'activité de raffinage, justifiant sa décision par la baisse de la demande.
Les syndicats, qui dénoncent une restructuration motivée par des considérations financières de la part d'un groupe qui a dégagé en 2009 un bénéfice net de 7,8 milliards d'euros, exigent des garanties sur le maintien de l'activité de raffinage en France.
L'annonce par Total d'un comité central d'entreprise avancé, bien accueillie par le syndicat CFDT, a été jugée « insuffisante » par le syndicat majoritaire, la CGT, qui mène le conflit.
À la raffinerie de Dunkerque, les grévistes ont voté la reconduction du mouvement, la réponse de Total laissant selon eux encore « beaucoup d'interrogations » en suspens.
La CGT des deux raffineries du groupe américain ExxonMobil a de son côté appelé à se joindre aujourd'hui au mouvement de grève de Total.
À l'approche d'élections régionales en mars qui s'annoncent difficiles pour la majorité de Nicolas Sarkozy, les grévistes ont reçu le soutien inattendu du parti présidentiel UMP. L'opposition socialiste a quant à elle renvoyé dos à dos la direction du groupe pétrolier et le pouvoir politique. « La responsabilité de cette situation est entre les mains du patron de Total et du gouvernement », a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon, mettant en garde contre la convocation « sans lendemain » de patrons et la tentation de reporter « toutes les mauvaises nouvelles » après les élections.
Le gouvernement français a mis en demeure hier le groupe pétrolier Total d'apporter des réponses concrètes aux revendications des syndicats sur le maintien de son activité de raffinage, au sixième jour d'un conflit qui menace d'entraîner une pénurie d'essence dans le pays.Face à une situation bloquée et au risque de plus en plus concret de ruptures d'approvisionnement, les services du président Nicolas Sarkozy ont convoqué hier le président du conseil d'administration de Total, Thierry Desmarest.Total, premier groupe industriel français, assure plus de la moitié de l'approvisionnement des stations-service du pays, et les dépôts de carburant, dont certains sont également en grève, ont vu leurs réserves...
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