Des carcasses de voitures émergent des tonnes de boue qui ont inondé les rues de Funchal, la capitale de Madère. Duarte Sa/Reuters
Le ministère britanique des Affaires étrangères a précisé qu'il « vérifiait » la disparition éventuelle d'un de ses ressortissants, très nombreux parmi les quelque 850 000 touristes qui fréquentent « l'île aux fleurs » chaque année. Dans la seule ville de Funchal, les pompiers ont retrouvé 17 cadavres, mais le bilan pourrait être plus important, de nombreux véhicules et maisons restant ensevelis sous la boue et les gravats plus de 24 heures après la catastrophe. Un centre commercial de Funchal a été entièrement détruit, et les pompiers redoutaient de découvrir des victimes dans le parking souterrain, encore sous les eaux. Samedi soir, le Premier ministre portugais José Socrates s'était rendu sur l'île, située à 900 km au sud-ouest du Portugal, et a promis « toute l'aide nécessaire pour que Madère puisse commencer immédiatement les travaux de restauration ».
Hier toute la journée, les secours, aidés d'engins lourds, ont déblayé les débris amoncelés dans la partie basse de la ville, située en bord de mer et où s'alignent sur des kilomètres complexes touristiques et hôtels de luxe. « Il y a des tonnes de gravats dans les rues. Beaucoup de boue et de débris. Les rues sont défoncées. Par endroits, la route s'est effondrée et un rond-point a même disparu », a raconté à l'AFP Aymeric Paysan, un Français de 27 ans, boulanger dans un hôtel de la ville. Dans le district voisin de Ribeira Brava, également situé sur la côte méridionale de l'île, le commandant local des pompiers, Agostinho Silva, a estimé que le retour à la normale pourrait prendre « des semaines ».
Le trafic avait repris hier à l'aéroport de Funchal. Dès samedi, d'importants moyens avaient été dépêchés depuis Lisbonne à bord d'une frégate militaire transportant notamment des hélicoptères, une équipe médicale et du matériel de secours. Des équipes cynophiles ainsi que des plongeurs sont par ailleurs arrivés en milieu d'après-midi à Funchal, à bord d'un avion militaire C-130, pour tenter de retrouver d'éventuels disparus au sujet desquels les autorités n'ont donné jusqu'à présent aucune indication. « Les communications téléphoniques fixes comme mobiles sont extrêmement perturbées, et une estimation des disparus n'aurait aucun sens car beaucoup de ces personnes ne peuvent tout simplement pas être contactées », a expliqué à la presse le secrétaire régional aux Affaires sociales, Francisco Ramos. L'opérateur Portugal Telecom a envoyé sur place 400 kilos de matériel pour aider à rétablir les communications.
Dans le courant de la semaine, du matériel supplémentaire sera acheminé depuis Lisbonne, notamment des ponts militaires pour pouvoir rétablir la circulation sur l'île de 57 km de long sur 22 de large, où plusieurs villages, notamment dans le centre, sont inaccessibles. Les pompiers ont réussi à rejoindre à pied Curral de Freiras, un village de 4 000 habitants construit dans le cratère d'un volcan éteint et dont on était sans nouvelles depuis plus de 24 heures. Au moins une personne a péri dans ce village, selon des informations de presse non confirmées.
L'attaquant vedette du Real Madrid Cristiano Ronaldo, originaire de Madère, s'est déclaré prêt à apporter son aide. « Personne ne peut rester insensible à une catastrophe d'une telle ampleur, encore moins moi qui suis né et qui ai grandi à Madère », a déclaré le Ballon d'or 2008, qui s'est dit « incrédule, choqué et consterné » par cette « tragédie sans précédent ».

