À ces interrogations, aux plaintes des habitants d'Achrafieh, excédés d'être pris, à toute heure du jour et de la nuit, dans d'interminables bouchons, les responsables ont d'abord répondu par la construction d'un terre-plein au beau milieu d'une route déjà étroite puis tout récemment... par la fermeture aux automobilistes de la montée de la pharmacie Berty vers la place Sassine. Au grand dam des habitants de la région et des commerçants qui ont pignon sur rue. Au grand désespoir des automobilistes qui doivent faire d'interminables et inutiles détours pour arriver à destination.
La grogne monte, chacun exprime son mécontentement à sa manière. Ici, un libraire dénonce « la pensée unique », le monopole exercé par le mall qui lui fait face et qui menace les petits commerçants « de disparition ». Plus loin, c'est un habitant qui invite les responsables de la circulation à cesser d'improviser et à « rendre leurs tabliers ».
Certes, les autorités libanaises tentent de trouver une solution. Mais en réalité, elles tournent en rond et s'essaient à des alternatives au coup par coup qui ne font que déplacer les embouteillages, sans absolument rien régler, tout en exacerbant encore plus l'irritation des habitants, des commerçants et des automobilistes. Il suffit d'observer les décisions épisodiques des agents de la circulation d'interdire un passage ou une bretelle, ici ou là, pour saisir le schéma.
Qu'attendent donc les autorités pour réfléchir sérieusement à ce problème endémique et pour mettre en place un véritable plan directeur de la circulation routière dans les quartiers menacés d'asphyxie ? Tout en espérant qu'il ne sera pas trop tard, le citoyen d'Achrafieh ne peut s'empêcher de se demander ce qu'il adviendra des ruelles de son quartier lorsque toutes les nouvelles tours en construction seront achevées.

