Des militants de l’opposition ont accueilli Mohammad el-Baradei à l’aéroport du Caire, chantant l’hymne national et appelant à ce qu’il devienne président du pays. Khaled Desouki/AFP
M. el-Baradei, 67 ans, a multiplié ces derniers mois les déclarations appelant à une démocratisation du régime du président Hosni Moubarak, en place depuis 29 ans. À la veille de son arrivée, il a réaffirmé sa détermination à faire tout ce qu'il peut « pour que l'Égypte avance vers la démocratie et le progrès économique et social ». « Je souhaite être un instrument pour le changement », a-t-il dit jeudi à la chaîne égyptienne privée Dream. « Je suis prêt à me lancer dans la vie politique égyptienne, à condition qu'il y ait des élections libres et le premier pas dans cette direction est un amendement de la Constitution afin que je puisse me porter candidat (à la présidence en 2011) et que d'autres puissent faire de même. »
La Constitution impose aux candidats indépendants d'obtenir l'appui de 250 élus, dont au moins 65 membres de l'Assemblée nationale, 25 du Conseil consultatif (Sénat) et au moins 10 élus municipaux. Cette option est pratiquement exclue dans le cas de M. el-Baradei en raison de la domination du parti au pouvoir, le Parti national démocratique (PND), sur le Parlement et les municipalités.
Alors que la presse gouvernementale passait sous silence hier son retour, la presse indépendante en faisait ses manchettes. Deux militants du Mouvement du 6 avril (opposition), Ahmad Maher et Amr Ali, ont été arrêtés mercredi alors qu'ils devaient distribuer des tracts appelant à manifester pour son retour. Plusieurs figures connues en Égypte, dont le romancier Alaa Aswani et un présentateur vedette de la télévision, Hamdi Kandil, ainsi qu'un dirigeant du mouvement d'opposition Kefaya, Georges Ishaq, étaient venus accueillir Mohammad el-Baradei à l'aéroport.
La perspective de voir M. el-Baradei jouer un rôle politique en Égypte avait amené le pouvoir à déclencher en décembre une violente campagne contre lui, le présentant comme étranger à son pays et incapable de gérer les affaires intérieures. Hosni Moubarak achève en 2011 son cinquième mandat de six ans. Son fils Gamal, 44 ans, fréquemment cité pour lui succéder, se contente généralement de dire qu'il s'agit d'une « question hypothétique ».

