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Moyen Orient et Monde

Tentative de coup d’État au Niger

Le président et des ministres sont détenus par les mutins.

Après dix ans de pouvoir, Mamadou Tandja a dissous l’année dernière le Parlement et la cour constitutionnelle et obtenu une prolongation controversée de son mandat pour au moins trois ans. Photo AFP

Le président nigérien, Mamadou Tandja, a été arrêté hier par des soldats mutins lors d'un putsch, a-t-on appris de sources militaires. Trois sources militaires nigériennes ont indiqué que le putsch était dirigé par un officier, le commandant Adamou Harouna. Le coup d'État a réussi et le président ainsi que les ministres sont détenus non loin du palais présidentiel, a dit une de ces sources. Dans l'après-midi, on a pu voir de la fumée s'échapper du palais présidentiel attaqué par les soldats alors que le chef de l'État y tenait un Conseil des ministres. Des tirs à la mitrailleuse et à l'arme lourde ont retenti pendant plusieurs heures dans la capitale, Niamey. Un membre des services de renseignements a déclaré sous le sceau de l'anonymat que les violences étaient dues à une tentative de putsch que la garde présidentielle s'efforçait de repousser. De source diplomatique, on parlait de tentative de coup d'État en ajoutant que les affrontements n'avaient pas duré longtemps. Selon des sources policières, les assaillants semblaient être venus de l'extérieur de la ville à bord de véhicules blindés. De source hospitalière, ont fait état d'au moins trois soldats tués. Un reporter de Reuters avait auparavant vu cinq militaires blessés dans un hôpital.
Un correspondant de Reuters a pu voir que les soldats de la garde présidentielle avaient renforcé leurs positions autour des installations de la radio et de la télévision publiques. Peu après l'attaque, la radio nationale a commencé à diffuser de la musique militaire mais la télévision a maintenu son programme de danses traditionnelles. « Cela montre que la crise politique s'approfondit, qu'il y a un mécontentement croissant contre Tandja, même dans le camp loyaliste », souligne Rolake Akinola, un analyste de contrôle des risques. « Nous assisterons à des pressions politiques et régionales croissantes sur Tandja pour qu'il cède du terrain ». Le président Mamadou Tandja, au pouvoir depuis 1999, a dissous le Parlement et fait adopter en août par référendum une réforme constitutionnelle qui lui a permis de se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son deuxième mandat de cinq ans, qui a expiré en décembre. Le référendum constitutionnel, condamné par l'opposition nigérienne et la communauté internationale, a éliminé une bonne partie des freins à l'autorité de Mamadou Tandja en supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels et en lui accordant trois ans de pouvoir supplémentaires sans avoir à se présenter à nouveau devant les électeurs. La Cour constitutionnelle a déclaré ce vote illégal. Mamadou Tandja a répliqué en remplaçant tous les membres de l'instance judiciaire par des membres nommés par ses soins. La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a suspendu le Niger en octobre dernier et les États-Unis ont supprimé en décembre les avantages commerciaux qu'ils accordaient au pays. En dépit de la crise politique et de soulèvements touaregs occasionnels, de grands groupes tels que le français Areva ou le canadien Cameco ont investi des milliards de dollars au Niger, qui recèle d'importants gisements d'uranium.
Le président nigérien, Mamadou Tandja, a été arrêté hier par des soldats mutins lors d'un putsch, a-t-on appris de sources militaires. Trois sources militaires nigériennes ont indiqué que le putsch était dirigé par un officier, le commandant Adamou Harouna. Le coup d'État a réussi et le président ainsi que les ministres sont détenus non loin du palais présidentiel, a dit une de ces sources. Dans l'après-midi, on a pu voir de la fumée s'échapper du palais présidentiel attaqué par les soldats alors que le chef de l'État y tenait un Conseil des ministres. Des tirs à la mitrailleuse et à l'arme lourde ont retenti pendant plusieurs heures dans la capitale, Niamey. Un membre des...
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