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Liban - Éclairage

Le Liban n’est plus quantité négligeable aux yeux des Occidentaux

Il est souvent arrivé que les Occidentaux, et surtout les Américains, excluent Beyrouth de leur agenda de tournée régionale. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ainsi William Burns, sous-secrétaire d'État US, a-t-il pris soin de visiter le Liban avant de se rendre à Damas. C'est le gradé diplomatique du plus haut rang qui démarche les Syriens depuis l'avènement de Barack Obama. Une ouverture qui se double, comme on sait, par l'annonce de la nomination d'un titulaire à niveau requis pour l'ambassade américaine en Syrie, qui en a été privée depuis la forte dégradation des relations bilatérales consécutive à l'assassinat de Rafic Hariri en 2005. L'ambassadeur choisi, Robert Ford, a reçu l'agrément des autorités syriennes et gagnera son poste prochainement. En fait, Damas marque là un point certain. Car lorsque la nouvelle administration US a fait montre d'une volonté de dialogue, pour tenter de normaliser les relations, les Syriens lui ont fait remarquer que cela serait difficile tant que la légation américaine resterait gérée par un simple chargé d'affaires, qui n'a rien d'un plénipotentiaire.
Revenons-y : c'est par la porte libanaise que William Burns a tenu à entrer dans la région. Alors que, quand il leur arrivait de faire escale à Beyrouth, les responsables américains, ainsi du reste que les Français, s'y rendaient en venant de Damas. Où Burns pave la voie au retour prochain dans la région de George Mitchell, envoyé spécial du chef de la Maison-Blanche. Le sous-secrétaire d'État a expressément voulu, en choisissant Beyrouth comme première station, mettre l'accent sur la solidité des liens bilatéraux et réaffirmer le soutien total de son gouvernement à la souveraineté comme à l'intégrité territoriale du Liban-État. Il confirme de même, par sa démarche, que ce pays ne sera plus tenu à l'écart des tractations d'ordre régional.
La relance US s'effectue à la veille du sommet arabe prévu en Libye, pour inciter les Arabes à favoriser la reprise du processus de paix dit de Madrid, en panne depuis si longtemps. Mais, à dire vrai, pour le moment les Arabes n'y croient pas trop, car il leur paraît évident qu'en présence du couple Netanyahu-Lieberman, Israël n'est pas disposé à y mettre du sien. Et puis, les Arabes ont à se préoccuper d'un problème essentiel pour eux : la réconciliation entre les fractions palestiniennes. C'est surtout l'Égypte, territorialement proche, qui y travaille. Les Arabes doivent également s'efforcer de conforter, lors de leur sommet en Libye, le processus de l'assainissement des relations qu'ils entretiennent entre eux, initié par le roi Abdallah d'Arabie saoudite.
Selon un diplomate arabe expérimenté, Washington devrait mettre les bouchées doubles pour obliger Israël à composer. Car si la paix tardait trop à s'amorcer, les régimes arabes proaméricains se retrouveraient en perte de vitesse populaire. Et risqueraient, à terme, d'être dégommés par des radicaux antiaméricains.

Soucis
Mais ce péril, incluant le précieux or noir du Golfe, ne semble pas suffisamment proche aux yeux des Américains pour qu'ils le placent en tête de leurs priorités du moment. C'est plutôt sur les problèmes intérieurs que l'administration Obama se penche, après la perte cruciale, au profit des républicains, du siège sénatorial du Massachusetts, qu'occupait Ted Kennedy auparavant.
Ainsi, pour ce qui est du Moyen-Orient, Barack Obama a choisi de former un comité d'étude, composé de spécialistes reconnus, et l'on sait que le meilleur moyen d'enterrer un projet, ou un dossier, c'est de le confier à une commission. Cette dernière englobe Zbignew Berzezinski, le général James Jones, Dany Shapiro, John Kerry et d'autres célébrités. La décision de recourir à leurs lumières semble, quand même, doublement étonnante. Parce qu'Obama a déjà George Mitchell sur place au Moyen-Orient, et parce que lui-même est reconnu depuis des années comme expert en la matière.
Ces considérations ne diminuent pas l'importance que revêt la visite de William Burns à Beyrouth. Il y a en effet confirmé une ferme intention d'aide militaire pour aider l'État libanais à s'affirmer, en contribuant plus efficacement à la concrétisation de la 1701. On aura noté que le responsable US a vu Michel Sleiman et Saad Hariri, mais pas Nabih Berry. Ce qui indique, si besoin était, que sa visite n'était pas d'ordre purement protocolaire. Et, par ricochet, puisqu'il s'agit de soutien au principe même d'un État libanais souverain, Washington ne pense pas que les prosyriens du cru se sentent concernés. Cependant, en tant qu'officiel, M. Berry a fait savoir par son entourage que l'élision est due au fait que son propre agenda était trop chargé. Certains de ses proches ajoutent qu'en réalité c'est lui-même qui n'a pas tenu à rencontrer le visiteur américain, afin d'adresser de la sorte un message à l'administration US.
Mais William Burns, lui aussi, a délivré un message. En rencontrant, au dîner de l'ambassade en son honneur, les pôles du 14 Mars, dont Amine Gemayel, Samir Geagea, Fouad Siniora, Farès Souhaid ainsi que Marwan Hamadé. Cela en complément du rassemblement massif du 14 février, place de l'Étoile. Au cours de ce dîner, les participants libanais ont fait part à M. Burns de leurs craintes concernant l'implantation de réfugiés palestiniens. Ils lui ont en outre fait comprendre que le mouvement du 14 Mars incarne la coexistence, la fusion islamo-chrétienne ainsi que la défense d'un projet d'État libre, souverain et indépendant. D'ailleurs le congrès du BIEL, prévu en mars, est placé sous la devise : poursuite de la lutte pour l'État de droit.
William Burns a surenchéri en affirmant, lors du dîner, que pour les États-Unis il est désormais inadmissible de se poser des questions sur la nécessité d'un État libanais souverain, libre et indépendant. C'est devenu une constante pour l'Amérique, a-t-il dit. Il a souligné que le rapprochement syro-américain ne se fera pas aux dépens du Liban. En ajoutant que son gouvernement est contre l'implantation et contre tout projet ne garantissant pas le droit de retour des réfugiés palestiniens dans leur patrie.
Il est souvent arrivé que les Occidentaux, et surtout les Américains, excluent Beyrouth de leur agenda de tournée régionale. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ainsi William Burns, sous-secrétaire d'État US, a-t-il pris soin de visiter le Liban avant de se rendre à Damas. C'est le gradé diplomatique du plus haut rang qui démarche les Syriens depuis l'avènement de Barack Obama. Une ouverture qui se double, comme on sait, par l'annonce de la nomination d'un titulaire à niveau requis pour l'ambassade américaine en Syrie, qui en a été privée depuis la forte dégradation des relations bilatérales consécutive à l'assassinat de Rafic Hariri en 2005. L'ambassadeur choisi, Robert Ford, a reçu l'agrément...
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