Le conflit, que le responsable du Fateh Sultan Aboul Aïnayn a qualifié « d'incident isolé », avait éclaté lundi soir et n'a pas tardé à s'étendre au quartier de Birksat et à l'entrée du camp, où siège le Fateh, ainsi qu'aux quartiers al-Tawre'h et Sifssaf relevant de Isbat el-Ansar. Les accrochages, au cours desquels ont été utilisées les mitraillettes et les roquettes, ont semé la panique parmi les habitants, dont plusieurs d'entre eux ont fui le camp en direction d'une mosquée se trouvant à proximité.
Le comité palestinien chargé de la sécurité à l'intérieur du camp a tenu hier une réunion élargie pour examiner la situation sur le terrain. Tout en s'interrogeant sur les motifs réels qui seraient derrière cette escalade, les participants ont demandé que les responsables de cet incident soient traduits devant la justice libanaise et ont insisté sur la nécessité de déployer tous les efforts possibles en vue d'épargner au camp toutes formes de combats.
Pour sa part, le responsable des relations extérieures au sein de l'OLP, le général Khaled Aref, a indiqué que ce qui s'est passé vise à susciter un climat d'hostilité à l'intérieur du camp, « afin d'attirer l'attention une fois de plus sur les camps et sur la question sécuritaire ». Dans un entretien télévisé, Khaled Aref a relevé « l'engagement des Palestiniens à respecter la souveraineté et la loi libanaises », soulignant que l'ensemble des factions palestiniennes ont affirmé lors de leur réunion leur « attachement à la sécurité » et pris les mesures nécessaires en ce sens. Le responsable de l'OLP a par ailleurs assuré que des efforts ont été déployés pour arrêter la personne responsable des troubles, soulignant la coopération qui a lieu entre les Palestiniens d'une part, les services de l'ordre libanais et l'armée libanaise d'autre part.
La reprise de la violence à l'intérieur du camp de Aïn el-Héloué a poussé plusieurs responsables de la région, notamment la députée Bahia Hariri, à effectuer des contacts sur-le-champ pour tenter de juguler l'incident. Des contacts ont également été effectués par le comité de suivi, qui a annoncé un cessez-le-feu et le retrait des miliciens des rues, et appelé au retour des familles qui se sont déplacées.

