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Moyen Orient et Monde - Iran

Téhéran veut devenir un fournisseur de nucléaire pour ses voisins

Téhéran veut devenir un fournisseur de centrales et de combustible pour ses voisins.

« Nous sommes prêts à un échange, même avec les États-Unis (...). Mais cet échange doit être simultané », a déclaré hier le président iranien lors d’une conférence de presse. Atta Kenare/AFP

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a averti hier les grandes puissances qu'elles regretteraient toute nouvelle sanction contre son pays. « Si quiconque cherche à créer des problèmes à l'Iran, notre réponse ne sera pas comme dans le passé. Nous ferons quelque chose en réponse qui leur fera regretter » l'adoption de sanctions, a-t-il indiqué. M. Ahmadinejad a ordonné le 7 février le lancement de la production d'uranium (enrichi) à 20 %, après le refus iranien d'une proposition de l'AIEA sur l'échange d'uranium, soutenue par les grandes puissances. La proposition prévoit que l'Iran livre 70 % de son uranium faiblement enrichi (3,5 %) à la Russie qui sera chargée de l'enrichir à 20 % avant sa transformation, en France, en combustible pour le réacteur de recherche médicale de Téhéran. Hier, M. Ahmadinejad a toutefois affirmé que « le dossier d'un échange de combustible n'est pas encore clos ». « Nous avons dit que nous procéderions à un échange dans un cadre équitable », a-t-il dit, en soulignant l'exigence iranienne d'un échange simultané. « Nous sommes prêts à un échange, même avec les États-Unis. Les États-Unis peuvent venir nous donner leur combustible enrichi à 20 % et nous les paierons s'ils le veulent, ou nous leur donnerons notre combustible enrichi à 3,5 % », a-t-il souligné. « Nous n'insistons pas » pour enrichir à 20 % « même si nous en avons la capacité. S'ils nous fournissent (l'uranium enrichi) à 20 %, la situation pourrait changer », a-t-il ajouté. Enfin, M. Ahmadinejad a une nouvelle fois suggéré un échange entre trois Américains détenus en Iran et des Iraniens incarcérés aux États-Unis.
L'Iran veut devenir un fournisseur de centrale et de combustible nucléaires pour ses voisins, a par ailleurs expliqué un haut responsable iranien, Mohamad Javad Larijani, lors d'une visite à Genève. « Nous construisons une deuxième centrale nucléaire qui va nous donner de l'élan », a dit M. Larijani, qui occupe le poste de secrétaire général du Conseil supérieur des droits de l'homme d'Iran. « C'est un domaine dans lequel nous voulons investir. Nous allons aider les autres nations de la région, nous aiderons tous ceux qui le veulent », a-t-il ajouté. M. Larijani a insisté sur le fait que l'Iran souhaitait passer outre les résistances européennes à alimenter les pays du Proche-Orient et du Golfe en énergie nucléaire, alors que les réserves mondiales en énergies fossiles fondent à grande vitesse. « Si nous n'agissons pas aujourd'hui, dans 20 ans nous supplierons à genoux des pays occidentaux de nous en vendre », a-t-il assuré.
Au même moment en Arabie saoudite, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton défendait avec vigueur une politique de pression par les sanctions contre l'Iran, disant douter fortement que son programme nucléaire ait des objectifs pacifiques. Elle a exprimé « l'inquiétude » des « États-Unis et bien d'autres pays ». « Nous allons nous tourner vers les Nations unies pour tenter d'avoir plus de sanctions qui vont peut-être convaincre les Iraniens eux-mêmes de changer de direction », a-t-elle dit, s'adressant à des étudiantes de l'université de Dar al-Hekma. L'entourage de Mme Clinton, qui devait achever dans l'après-midi sa tournée régionale, a indiqué que la secrétaire d'État semblait satisfaite de ses entretiens avec les dirigeants saoudiens. Mme Clinton a notamment été reçue dans la nuit de lundi à mardi pendant quatre heures par le roi Abdallah. Pour sa part, son homologue saoudien, le prince Saoud al-Fayçal, a indiqué lundi soir que son pays préférait « une résolution immédiate » plutôt que des sanctions, sans autre précision. Un analyste saoudien, Anouar Eshki, qui dirige l'Institut d'études stratégiques de Jeddah, a expliqué que « la solution immédiate préconisée par le prince Saoud est celle présentée actuellement par la Turquie, consistant à enrichir l'uranium (iranien) à l'étranger ». Interrogé sur le risque de voir l'Iran fermer le détroit stratégique d'Ormuz, par où transite environ 40 % du pétrole mondial, le prince Saoud a estimé qu'il s'agirait « d'un acte de guerre ». Mais il s'est montré réservé concernant la contribution de Riyad, notamment par ses livraisons pétrolières, à des pressions sur Pékin dans le dossier iranien, des mesures souhaitées par Washington. La Chine semble en effet toujours récalcitrante à de nouvelles sanctions. Dans une lettre au directeur général de l'AIEA, Paris, Washington et Moscou se sont en revanche dit « inquiets » des intentions nucléaires de l'Iran, après que la Russie a dit ne pas exclure de sanctions.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a averti hier les grandes puissances qu'elles regretteraient toute nouvelle sanction contre son pays. « Si quiconque cherche à créer des problèmes à l'Iran, notre réponse ne sera pas comme dans le passé. Nous ferons quelque chose en réponse qui leur fera regretter » l'adoption de sanctions, a-t-il indiqué. M. Ahmadinejad a ordonné le 7 février le lancement de la production d'uranium (enrichi) à 20 %, après le refus iranien d'une proposition de l'AIEA sur l'échange d'uranium, soutenue par les grandes puissances. La proposition prévoit que l'Iran livre 70 % de son uranium faiblement enrichi (3,5 %) à la Russie qui sera chargée de l'enrichir...
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