« Nous sommes prêts à un échange, même avec les États-Unis (...). Mais cet échange doit être simultané », a déclaré hier le président iranien lors d’une conférence de presse. Atta Kenare/AFP
L'Iran veut devenir un fournisseur de centrale et de combustible nucléaires pour ses voisins, a par ailleurs expliqué un haut responsable iranien, Mohamad Javad Larijani, lors d'une visite à Genève. « Nous construisons une deuxième centrale nucléaire qui va nous donner de l'élan », a dit M. Larijani, qui occupe le poste de secrétaire général du Conseil supérieur des droits de l'homme d'Iran. « C'est un domaine dans lequel nous voulons investir. Nous allons aider les autres nations de la région, nous aiderons tous ceux qui le veulent », a-t-il ajouté. M. Larijani a insisté sur le fait que l'Iran souhaitait passer outre les résistances européennes à alimenter les pays du Proche-Orient et du Golfe en énergie nucléaire, alors que les réserves mondiales en énergies fossiles fondent à grande vitesse. « Si nous n'agissons pas aujourd'hui, dans 20 ans nous supplierons à genoux des pays occidentaux de nous en vendre », a-t-il assuré.
Au même moment en Arabie saoudite, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton défendait avec vigueur une politique de pression par les sanctions contre l'Iran, disant douter fortement que son programme nucléaire ait des objectifs pacifiques. Elle a exprimé « l'inquiétude » des « États-Unis et bien d'autres pays ». « Nous allons nous tourner vers les Nations unies pour tenter d'avoir plus de sanctions qui vont peut-être convaincre les Iraniens eux-mêmes de changer de direction », a-t-elle dit, s'adressant à des étudiantes de l'université de Dar al-Hekma. L'entourage de Mme Clinton, qui devait achever dans l'après-midi sa tournée régionale, a indiqué que la secrétaire d'État semblait satisfaite de ses entretiens avec les dirigeants saoudiens. Mme Clinton a notamment été reçue dans la nuit de lundi à mardi pendant quatre heures par le roi Abdallah. Pour sa part, son homologue saoudien, le prince Saoud al-Fayçal, a indiqué lundi soir que son pays préférait « une résolution immédiate » plutôt que des sanctions, sans autre précision. Un analyste saoudien, Anouar Eshki, qui dirige l'Institut d'études stratégiques de Jeddah, a expliqué que « la solution immédiate préconisée par le prince Saoud est celle présentée actuellement par la Turquie, consistant à enrichir l'uranium (iranien) à l'étranger ». Interrogé sur le risque de voir l'Iran fermer le détroit stratégique d'Ormuz, par où transite environ 40 % du pétrole mondial, le prince Saoud a estimé qu'il s'agirait « d'un acte de guerre ». Mais il s'est montré réservé concernant la contribution de Riyad, notamment par ses livraisons pétrolières, à des pressions sur Pékin dans le dossier iranien, des mesures souhaitées par Washington. La Chine semble en effet toujours récalcitrante à de nouvelles sanctions. Dans une lettre au directeur général de l'AIEA, Paris, Washington et Moscou se sont en revanche dit « inquiets » des intentions nucléaires de l'Iran, après que la Russie a dit ne pas exclure de sanctions.


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