Le ministre de la Défense, Élias Murr, saluant le secrétaire général de l’ONU. Photo Dalati et Nohra
« Depuis 1943, l'armée libanaise n'a jamais possédé un plan structurel et opérationnel précis. Nous en avons établi un durant les trois derniers mois et l'avons présenté, au cours de notre visite à Washington, pour la réunion biannuelle du comité militaire américano- libanais », a déclaré M. Murr.
Ce plan, bien déterminé et échelonné sur dix ans, porte sur trois points : une stratégie sécuritaire pour l'armée, une stratégie opérationnelle et une stratégie pour l'équipement.
À relever que la partie américaine a été impressionnée par la précision et l'exacte remise à jour de ce que M. Murr appelle une « feuille de route », qui porte aussi en elle une vision pour l'avenir de la réorganisation et de la modernisation de l'armée libanaise.
D'autre part, à en croire M. Murr, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a surpris son homologue libanais en lui livrant un carnet d'aide supplémentaire à l'armée libanaise d'un montant de 267 millions de dollars pour l'année 2010.
Seules deux requêtes sont à respecter : 11 millions doivent être consacrés à l'entraînement et 56 millions aux nouvelles armes technologiques, le reste pouvant être utilisé selon les besoins du moment. Rappelons que depuis 2005, les États-Unis ont octroyé à l'armée libanaise une assistance évaluée à 533 millions de dollars. Ils continueront dans cette voie, en livrant notamment au Liban, en 2013, un nouveau type d'avions sophistiqués qui seront produits cette même année.
Évoquant les aides provenant des autres pays (l'Union européenne, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït), le ministre a annoncé le lancement d'un autre processus : le « jumelage » pour sa « shopping list », à savoir, dans un souci d'efficacité, acquérir auprès de chaque pays donateur ce qui relève davantage de son expertise : par exemple, les hélicoptères aux États-Unis, la technique des barrages au Royaume-Uni, les défenses navales en Allemagne. De même qu'il privilégie l'entraînement sur le terrain, au Liban même.
Son autre grande priorité, résultant de l'expérience de Nahr el-Bared : faire passer de 1 000 à 8 000 le nombre des membres des Forces spéciales et créer un commando des montagnes.
Par ailleurs, M. Murr a eu de franches et fermes discussions à propos des discriminations qu'endurent les Libanais dans les aéroports américains et il lui a été promis la résolution très prochaine de ce problème. Il a mis en relief que le Liban, placé nouvellement par les USA sur « la liste terroriste », est, selon des rapports internationaux, l'un des pays qui combattent le mieux le terrorisme.
Il a souligné que la nouvelle administration est des plus réalistes concernant ses possibilités et celles des autres, dans un contexte mondial extrêmement complexe. Elle compte sur le dialogue, les négociations et l'éloignement de la violence.

