Malgré cette remontée surprise prolongeant celle des mois précédents, le solde négatif de la balance commerciale du pays pour 2009 a baissé de 45 % par rapport à 2008, pour s'établir à 380,7 milliards de dollars, reflétant l'amélioration notable du solde des échanges avec la crise, qui avait fait chuter les importations américaines.
Avec la reprise économique entamée à l'été, les importations sont reparties. En décembre, elles ont augmenté de 4,8 % à 182,9 milliards de dollars, plus rapidement que les exportations, dont la hausse n'a été que de 3,3 % à 142,7 milliards de dollars.
Les analystes attendaient une baisse du déficit commercial en décembre, à 35,8 milliards de dollars contre 36,4 milliards en novembre.
Pour l'ensemble de l'année 2009, le déficit de la balance commerciale est tombé à 2,9 % du PIB américain, contre 4,8 % en 2008. Les analystes jugent les chiffres du déficit commercial de décembre mitigés.
Côté positif, ils relèvent que les exportations du pays ont progressé pour le huitième mois de suite, qu'elles ont été tirées par une bonne progression des biens d'équipement (+5,2 %), signe que la croissance se renforce à l'étranger, notamment en Asie, ce qui est plutôt de bon augure pour les ventes américaines alors que le dollar reste plutôt faible.
La hausse des importations témoigne aussi d'une demande accrue aux États-Unis, notamment de la part des entreprises (les importations de biens d'équipement ont augmenté de 4,7 %), signe que la reprise prend racine dans le pays.
En outre, le bond du déficit de la balance des produits pétroliers (+20 % par rapport à novembre) explique une bonne part de la détérioration du solde de la balance commerciale en décembre, mais le fait que cette hausse soit surtout le résultat d'une poussée des volumes importés (plutôt que d'un effet du prix du baril) témoigne également de la reprise américaine.
Du côté négatif, les chiffres témoignent toujours de la dépendance énergétique des États-Unis vis-à-vis de l'étranger. Ils montrent aussi que le déséquilibre des échanges du pays, notamment avec la Chine (qui a contribué à plus de la moitié du déficit commercial américain en 2009), restent les mêmes qu'avant la crise, alors que le président américain Barack Obama s'est engagé à doubler les exportations américaines en cinq ans afin de protéger des emplois.
Outre le fait que cet objectif apparaît extrêmement ambitieux pour ne pas dire impossible à tenir, il ne sera d'aucune utilité pour préserver l'emploi aux États-Unis si les importations du pays continuent d'augmenter plus vite que les exportations. « Nous vendons peut-être plus à l'étranger, mais la reprise économique fait monter notre demande de produits étrangers encore plus vite », regrette l'économiste indépendant Joël Naroff.
Pour lui comme pour plusieurs autres analystes, la poussée du déficit commercial de décembre devrait se traduire par une révision à la baisse du chiffre du taux de croissance du PIB américain du dernier trimestre 2009, estimée fin janvier à 5,7 %.

