« Nous devons pouvoir démontrer à nos amis nord-américains que l'Europe existe, que dans un monde complexe on peut mieux défendre nos valeurs si les États-Unis et l'UE avancent main dans la main », a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, devant le Parlement européen. Tout en cherchant à minimiser l'impact de la décision du président Obama, due selon lui à des « problèmes de calendrier », le chef de la diplomatie espagnole a laissé transparaître une certaine amertume. Le report du sommet annuel au plus haut niveau « retarde peut-être la mise en marche » d'un « programme transatlantique ambitieux » entre les États-Unis et l'UE. À ses yeux, la leçon à tirer pour l'Europe est de mettre davantage de « contenu » dans ses échanges avec les États-Unis. « Le report du sommet montre qu'il n'y a pas du côté des États-Unis une perception d'urgence » dans les dossiers transatlantiques à régler, a estimé M. Moratinos. « Il y a d'autres urgences, l'Afghanistan, la situation en Iran, les États-Unis ont une série de dossiers brûlants », a-t-il ajouté.
La décision du président Obama de ne pas se rendre à cette rencontre au plus haut niveau, dont l'Espagne avait fait un temps fort de sa présidence de l'UE qui s'achève fin juin, a constitué de fait un camouflet pour Madrid et pour l'Europe toute entière. Et ce d'autant plus qu'un haut responsable américain a justifié la décision en pointant du doigt la confusion qui règne sur la représentation extérieure de l'UE à la suite de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Alors que ce traité, en créant un poste de président pour l'UE et en renforçant les prérogatives de son haut représentant pour les Affaires étrangères, était censé permettre à l'Europe de parler d'une seule voix dans le monde, c'est l'inverse qui se produit pour le moment.


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