Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Censure

Un film syrien sur les détenus politiques indésirable à Damas

 « La nuit longue » du réalisateur Hatem Ali a été présenté et primé dans de nombreux festivals internationaux.

Une scène de « La nuit longue » avec Hassan Aweiti (à gauche) et Najah Safkouni. Photo AFP

À l'automne, La nuit longue, du réalisateur syrien Hatem Ali, n'a pas été invité au Festival du cinéma de Damas alors que plus de 250 longs et courts métrages de quelque 50 pays y ont été projetés. « Le film retrace l'histoire de trois détenus politiques à leur libération. Il suit en parallèle le désarroi de leurs familles qui avaient organisé leur vie quotidienne en leur absence », explique Haytham Haqi, le scénariste. Ce film appelle à la réconciliation à travers son intrigue qui raconte le mariage de la fille d'un des détenus, alors emprisonné, avec le fils d'un ancien ami, responsable au sein du pouvoir. « C'est une invitation à la réconciliation et pour faire cesser cette situation exceptionnelle » que nous vivons, a dit M. Haqi.
L'arrivée au pouvoir de Bachar el-Assad, en juillet 2000, avait donné lieu à une période d'ouverture relative baptisée « Printemps de Damas ». Elle avait pris fin avec l'arrestation, à l'été 2001, de dix militants pour la démocratie. Des membres de l'opposition, des intellectuels et des avocats appelant à l'instauration des droits politiques bafoués en Syrie depuis bientôt cinq décennies, ont été jetés en prison.
Dans le film jouent de grands acteurs comme Khaled Taja, Amal Arafa, Bassel Khayyat, Rafic Sibai et Salim Sabri. « Le film attend d'être diffusé, il n'a pas déplu à la commission de la censure qui s'en est même félicitée. Mais le sujet est sensible, il est évoqué pour la première fois et par conséquent une autorisation doit venir d'en haut », a estimé Haqi. Il s'attend à ce que ce film soit « diffusé plus tard » évoquant des longs métrages syriens interdits depuis vingt ans mais présentés actuellement dans les festivals locaux, mais toujours pas au grand public.
Pour l'instant, le réalisateur Hatem Ali n'a « aucune idée de l'avenir qui sera réservé » à son film. « Nous avons bien sûr obtenu une autorisation pour le scénario car en Syrie on ne peut pas filmer en cachette. »
Il a reconnu que ce long métrage « ne manquait pas d'audace, mais cela est dans l'intérêt du pays et reflète une ouverture et une certaine marge de liberté », a-t-il estimé. Selon lui, « le sujet aurait suscité l'embarras chez les petits employés (de la censure) qui n'ont pas tranché. C'est pour cela que je suis optimiste, le problème va se résoudre ».
Pour Hatem Ali, connu pour ses réalisations télévisées inspirées de l'histoire, « c'est un film qui aborde une question purement humaine loin des slogans (politiques). Il pose avec précaution le problème » des détenus politiques.
Selon lui, La nuit longue a remporté le prix du meilleur film au Festival du cinéma asiatique en Inde et au Festival des pays méditerranéens. Il a été distingué au dernier Festival du Caire et par le jury au Festival de Rotterdam. La nuit longue a également été projeté lors de festivals à Montpellier (France), à Bruxelles, Oran (Algérie) et Abou Dhabi.
À l'automne, La nuit longue, du réalisateur syrien Hatem Ali, n'a pas été invité au Festival du cinéma de Damas alors que plus de 250 longs et courts métrages de quelque 50 pays y ont été projetés. « Le film retrace l'histoire de trois détenus politiques à leur libération. Il suit en parallèle le désarroi de leurs familles qui avaient organisé leur vie quotidienne en leur absence », explique Haytham Haqi, le scénariste. Ce film appelle à la réconciliation à travers son intrigue qui raconte le mariage de la fille d'un des détenus, alors emprisonné, avec le fils d'un ancien ami, responsable au sein du pouvoir. « C'est une invitation à la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut