Les photos d’Albert Assal affichées à côté du faire-part de son décès. Photo Tony Frangié
Le corps d'Albert Assal, retrouvé mardi et transporté à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri, a été formellement identifié hier par son frère. Il a également été identifié par les tests d'ADN. La ville de Batroun a donc porté une nouvelle fois le deuil, après avoir inhumé, il y a quelques jours, Gergès Assal, père de la victime du crash aérien, qui n'a pas survécu à la disparition de son fils. Les funérailles d'Albert Assal auront lieu vendredi à quinze heures, à Batroun. Deux victimes éthiopiennes ont, par ailleurs, été identifiées à l'hôpital gouvernemental, une hôtesse de l'air et un agent de sécurité.
Au total, quinze corps ont donc été repêchés et transportés à l'hôpital Rafic Hariri, alors qu'une seizième victime, bloquée dans les rochers, n'a toujours pas été repêchée par les équipes de secours. Les propos du ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Aridi, ont toutefois créé une certaine confusion, ce dernier parlant de « deux corps repêchés mardi et d'un troisième corps coincé entre les rochers ».
Le ministre Aridi a également affirmé hier, lors d'une conférence de presse, avoir été informé par les autorités syriennes qu'une pièce de l'avion d'un mètre par un, portant des inscriptions en éthiopien, a été retrouvée sur le littoral syrien. Il a, par ailleurs, indiqué que le secteur où se trouve l'avion a été identifié, mais que l'épave n'a toujours pas été localisée. « Notre objectif principal est de retrouver les corps, les boîtes noires et la carlingue de l'avion ou ce qu'il en reste afin de calmer les esprits et connaître la vérité », a-t-il dit, tout en insistant sur la nécessité de respecter la souffrance des familles des victimes. Évoquant les informations erronées diffusées mardi par certains médias audiovisuels, il a invité les médias « à faire preuve de précision » et à « ne pas se lancer dans de fausses interprétations susceptibles de nuire à l'enquête ».
La direction de l'orientation de l'armée a, de son côté, mis en garde, dans un communiqué, contre « les informations sans fondement attribuées à des sources militaires ou sécuritaires ». L'organisme a précisé que « ces informations sapent le moral des familles des victimes » et « portent préjudice aux efforts déployés par les autorités concernées dans le cadre de l'enquête ». Le communiqué de la direction de l'orientation de l'armée a ajouté que le fait de publier des informations fausses est un moyen « d'induire en erreur l'opinion publique et de porter atteinte au bien public ». Et de conclure que la direction de l'orientation de l'armée est « la seule source officielle habilitée à s'exprimer au nom de l'armée » et qu'elle « se réserve le droit de prendre les mesures légales adéquates ».
Réagissant à la confusion qui règne, le président de la commission parlementaire des Travaux publics, Mohammad Kabbani, a insisté sur la nécessité de mettre en place une cellule de crise capable de gérer d'éventuelles catastrophes. Le bloc parlementaire des Kataëb a, de son côté, appelé à la création d'un observatoire pour les catastrophes.

