Le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia : des mesures « ambitieuses mais réalisables ». Photo AFP
Le gendarme budgétaire européen a « salué » ces nouvelles annonces, tout en demandant à la Grèce « d'envoyer le calendrier de leur mise en place dans les semaines à venir ». Il l'appelle aussi à « détailler davantage les mesures qui devront être mises en place en 2011 et 2012 ». Surtout, face à cette crise, qui constitue un test sans précédent pour la zone euro, la Commission a décidé de mettre la Grèce sous une surveillance d'ampleur inédite, afin de s'assurer qu'elle prendra les mesures qui s'imposent. « C'est la première fois que nous mettons en place un système de surveillance aussi intense et quasi permanent, mais c'est nécessaire étant donné les circonstances », a souligné M. Almunia. Les autorités grecques devront envoyer régulièrement des rapports d'étapes. Le premier devra être soumis pour le 16 mars. Plus largement, la Grèce devra aussi « se préparer à adopter des mesures supplémentaires le cas échéant », et la Commission invite Athènes à réformer son administration, son système de retraites et de santé. Enfin, Bruxelles a en parallèle annoncé l'ouverture d'une procédure d'infraction contre Athènes pour ses statistiques de déficits peu fiables. La Grèce avait brutalement revu en hausse en octobre ses statistiques de déficit pour 2009, révélant l'état catastrophique de ses finances publiques.
Le gouvernement grec devra « prendre toutes les mesures nécessaires » pour s'assurer que « les lacunes et faiblesses » du système statistique grec soient « corrigées », indique Bruxelles. Dans le même temps, la réflexion se poursuit en Europe sur l'aide qui pourrait être apportée à la Grèce en cas de besoin par ses partenaires. Selon des informations de presse, une telle aide, qui serait discutée au plus haut niveau, pourrait prendre la forme de prêts bilatéraux d'États de la zone euro. La Grèce a de son côté prôné mardi l'émission d'euro-obligations, des emprunts lancés en commun par plusieurs États pour mutualiser les risques, pour aider les pays lourdement endettés de la zone euro. Une idée déjà évoquée au sein de la zone euro, mais qui n'a jamais fait consensus.

