« Le slogan du passage vers l'État est très beau et l'on ne peut qu'y souscrire », déclare M. Joumblatt dans son intervention hebdomadaire à l'organe de son parti, al-Anba'. « Mais il y a loin des slogans à l'application », relève-t-il.
« Comment peut-on parvenir à l'État à l'ombre de protectorats confessionnels et sectaires qui sont autant de barrages face à toute tentative réformatrice réelle ? s'interroge-t-il. Nous avons vu comment la simple proposition de former la commission nationale pour l'abolition du confessionnalisme politique s'est heurtée à un mur de refus presque unanime. »
« L'expérience réformatrice conduite par le Mouvement national et la gauche libanaise sous la direction de Kamal Joumblatt avait essuyé des échecs successifs du fait de l'existence de réseaux d'intérêt religieux, factieux et financiers qui entravent tout changement dans la structure communautaire du système politique libanais », poursuit-il.
« Les slogans sont beaux, mais les expériences prouvent le contraire en général. Où donc est le projet de légalisation du mariage civil facultatif, avorté dès le début alors qu'il aurait pu constituer un prélude au changement ? Qu'en est-il de l'abaissement de l'âge du vote qu'on cherche à fuir sous des prétextes divers ? » demande-t-il.
M. Joumblatt se prononce en outre pour « une réflexion sérieuse en vue du rétablissement du service du drapeau, cadre adéquat pour fusionner la jeunesse libanaise et renforcer chez elle le sentiment national ».
Enfin, il s'oppose fermement à toute majoration de la TVA qui, si elle était adoptée, prouverait selon lui « l'absence de toute volonté de réviser la philosophie fiscale dominante dans un sens favorisant une justice sociale minimale ».

