«Roméo et Juliette».
En 1977, il obtient le Prix de Lausanne et le voilà lancé sur les scènes européennes les plus courtisées. Du Ballet de Hambourg (sous la houlette de John Neumeir) au Festival chorégraphique qu'il fonde en 1985, en passant par diverses troupes internationales (Stuttgart Ballet, l'American Ballet Theater, le Ballet d'Essen, le Ballet royal de Flandres et, prochainement, il est sollicité par l'Opéra de Paris), Jean-Christophe Maillot est invité en 1986 à la principauté de Monaco.
Là, ses trois créations, Les Adieux, Le Mandarin merveilleux et L'Enfant et les sortilèges, triomphe d'innovations scéniques et d'esprit de danse moderne sur chaussons, éblouissent et marquent le public. Et pourtant la presse, loin d'être élogieuse, n'est pas particulièrement tendre.
C'est bien crûment que le chorégraphe affiche son indifférence quant aux opinions des critiques, avisés ou pas.
«Je suis intéressé, dit-il, par le comportement des gens et leurs réactions à certaines situations. Je veux surtout transmettre de l'émotion au public. Mon travail est une recherche sur Balanchine, mais j'ai aussi une fascination pour Pina Bausch et Merce
Cunningham.»
Liberté de pensée, d'écriture et du geste est ce que les spectateurs retiennent à travers une vision plasticienne singulière et surtout un emploi inédit des costumes.
Pour combler les rêves de la princesse Grace, férue de danse, Monaco, ce rocher en nid d'aigle, offre à Jean-Christophe Maillot la possibilité de faire dire à la danse tout ce que Diaghilev avait ébauché en ces lieux.
Un postclassique, selon Noureev
Que l'on danse sur les créations de Lucinda Childs, Forsythe ou celle de Duato, ou du chorégraphe de Cendrillon («cette personne est ennuyeuse jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse!», confie Jean-Christophe Maillot), la danse, en cet espace monégasque, a pour but d'aller de l'avant.
«Rudolf Noureev a dit de moi que j'étais un postclassique, souligne J.-C. Maillot, mais je pense que je suis surtout dans l'exploration néoclassique tout en oscillant entre narration et abstraction.»
Avec passion et curiosité, brisant les carcans des traditions à l'instar de Béjart (à qui il dédie d'ailleurs le monumental Faust que le maître du Sacre du printemps rêvait de concrétiser sous la flaque de lumière), Jean-Christophe Maillot a signé presque une cinquantaine de créations dont il ne garde toutefois qu'une vingtaine.
Auréolé de plus de huit prix et récompenses (dont le Prix Benois de la danse du meilleur chorégraphe en 2008, Prix Nijinsky et Prix Danza et Danza du meilleur spectacle décerné par la critique italienne en 2002, chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par Jack Lang), Jean-Christophe Maillot a à son actif des spectacles retentissants que la chaîne télévisée Mezzo passe d'ailleurs régulièrement.
Dans ce riche parcours, on cite volontiers le révolutionnaire Roméo et Juliette, mais aussi La Belle (Prix Nijinsky), Entrelacs, Miniatures, Cendrillon qui, sous sa houlette, n'a rien d'ennuyeux. Et, très récemment, Faust, sur une partition de Berlioz, Liszt et son propre frère Bertrand Maillot.
En préparation, la Norma de Bellini avec, pour les costumes, Karl Lagerfeld.
En ces lieux qui accueillirent les célèbres ballets russes de Serge Diaghilev, Jean-Christophe Maillot, avec une troupe d'une cinquantaine d'artistes de dix-huit pays différents, reprend le flambeau de l'art de danser, en revisitant des œuvres mythiques et grandioses. Avec un regard neuf et une expression qui n'a pas froid aux yeux.
Déjà, en 1999, le Casse-noisette circus, commandé pour le jubilé du prince Rainier, avait fait un tabac. Le Grimaldi Forum est devenu, grâce à un chorégraphe qui sort en toute placide audace des sentiers battus, le nouveau rendez-vous des mordus de ballet moderne.


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