Andy Murray
Présent dans le top 5 depuis septembre 2008, Andy Murray est assurément un des grands noms du tennis mondial. L'Écossais peinait cependant jusqu'alors, notamment depuis sa finale perdue à l'US Open en 2008, à confirmer son immense talent dans les tournois du grand chelem. Incapable de faire mieux qu'une demi-finale à Wimbledon en 2009, malgré un taux de victoire surréaliste sur la saison (85,7 %), le Britannique avait conscience en arrivant en Australie de devoir rassurer ses supporters et de faire taire ses détracteurs.
Mission largement remplie. Après avoir signé un début de tournoi impeccable, Murray a fait la preuve en quart de finale et en demi-finale qu'il avait l'étoffe pour devenir le premier Britannique depuis Fred Perry en 1936 à remporter un des quatre tournois majeurs. Après avoir impressionné face à Rafael Nadal, il a levé le doute sur sa capacité à gérer la formidable pression qui pèse sur ses épaules en écartant le Croate Cilic de la route vers la finale.
Un point et tout change
En début de rencontre, Andy Murray ne rendait pourtant qu'une pâle copie. Alors que Cilic faisait la preuve que sa place en demi-finale n'avait rien d'usurpée en se montrant contre toute attente plus solide en fond de court et en retour (47 % des points remportés sur engagement adverse au cours de la première manche) et efficace au filet (10 montées victorieuses sur 14), l'actuel numéro 5 mondial bafouillait lui son tennis, concédant son premier set de la quinzaine. Troublé par la résistance adverse, incapable de trouver la moindre faille dans la cuirasse du Croate, l'Écossais ne pouvait cacher des signes évidents de fébrilité avant que d'un point magique, il n'inverse totalement la tendance. D'un passing fabuleux, joué dos au filet par-dessus son épaule, il s'emparait du service adverse à 2-2 dans la deuxième manche. Un break qui scellait définitivement les espoirs de Cilic.
Cilic craque
Éreinté par un début tournoi marqué par trois victoires en cinq sets face à Tomic, Del Potro et Roddick, le Croate ne s'en est jamais remis. Touché tant physiquement que moralement, le futur membre du top 10 n'avait plus les moyens d'enrayer la machine Murray. Moins mobile, hésitant dans son jeu de jambes, Cilic payait assurément en fin de rencontre tous les efforts consentis depuis le début de la rencontre. Il donnait ainsi le bâton pour se faire battre. Avec 42 fautes directes et seulement 24 % des points remportés sur service adverse au cours des trois derniers sets, il n'était pas en mesure de stopper la marche en avant d'un Murray de plus en plus confiant qui mettait une fois encore, si nécessaire, ses incomparables qualités défensives en évidence. « Il était clairement fatigué sur la fin. Il a montré qu'il avait des tripes et beaucoup de talent pendant cette quinzaine et je pense qu'on va se rencontrer souvent à l'avenir », a-t-il commenté en fin de match. Avant de songer à une prochaine confrontation face au Croate, on peut être sûr que le sujet de sa majesté, assurée d'intégrer le top 3 dès lundi, va concocter une recette dont il a le secret pour tenter de mettre fin à une disette de 74 ans.


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