Prenant la parole devant les membres de la délégation, le cardinal Sfeir a notamment émis l'espoir que « les familles libanaises, aussi bien chrétiennes que musulmanes, préservent le climat de concorde entre elles ». « Il existe au Liban dix-huit communautés, a déclaré le patriarche Sfeir dans ce cadre. Il faudrait éviter que chaque communauté édifie son propre État, et il faudrait plutôt qu'elles se réunissent car c'est une telle union qui est à la base du Liban. »
À midi, le patriarche maronite a reçu le député du Chouf et vice-président du comité exécutif des Forces libanaises, Georges Adwan, avec qui il a effectué un tour d'horizon de la conjoncture présente dans le pays. À sa sortie de Bkerké, M. Adwan a déploré que des problèmes conflictuels soient remis sur le tapis « à chaque fois que l'atmosphère dans le pays évolue dans le sens de la stabilité et de la concorde, ce qui donne l'impression que certaines parties ont pour mot d'ordre de provoquer des tensions et de nous faire revenir en arrière, à une situation d'instabilité ».
Abordant sur ce plan le dossier de l'abolition du confessionnalisme politique, M. Adwan a prôné l'abandon du terme « confessionnalisme politique, qui donne une perception erronée, et son remplacement par le terme partenariat » (entre les communautés au niveau de l'exercice du pouvoir). « Le pluralisme au Liban est une source de richesse pour le pays et il devrait être associé à la notion de partenariat, a déclaré M. Adwan. Lorsque nous parlons d'abolition du confessionnalisme politique, cela signifie que nous voulons abolir la participation et le partenariat. Nous désirons, au contraire, consacrer la coexistence et le partenariat. Nous parlerons désormais de partenariat et de participation qui sont, à mon avis, les termes adéquats » qu'il faudrait utiliser.
M. Adwan a, d'autre part, indiqué qu'il avait discuté avec le patriarche Sfeir du projet d'abaissement de l'âge de vote à 18 ans. Il a rappelé à ce propos qu'il avait été convenu au Parlement, entre les différents blocs parlementaires, que le vote à 18 ans serait approuvé en même temps que l'approbation du droit de vote aux émigrés, « de même qu'il ne faut pas tarder à approuver le projet visant à restituer la nationalité libanaise aux émigrés », a-t-il ajouté. « Tous ces problèmes soulèvent des interrogations au sujet de la gestion de l'ordre du jour des séances du Parlement, a déclaré le député FL. Il faudrait que tous les sujets soient inscrits à l'ordre du jour des séances parlementaires, en fonction de leur importance, afin que nous puissions préserver le climat de stabilité. »
En réponse à une question, M. Adwan a, par ailleurs, indiqué que le patriarche Sfeir a exprimé « une certaine inquiétude au sujet du recul enregistré au niveau du climat de stabilité et d'apaisement dans le pays ». « Le patriarche souligne qu'il faut accorder la priorité à la stabilité, à la concorde et à l'entente, en se préoccupant des problèmes de la vie quotidienne des citoyens », a précisé M. Adwan en conclusion.

