Cette perspective s'est renforcée après la publication jeudi dernier des statistiques officielles, montrant que la troisième économie mondiale a connu une croissance de 8,7 % en 2009 et de 10,7 % au quatrième trimestre.
En deux ans, Pékin n'avait pas connu une telle croissance trimestrielle. Et l'inflation préoccupe également, avec la plus forte hausse des prix en 13 mois.
Tous ces facteurs renforcent la pression sur les décideurs politiques.
« Nous nous attendons à ce que l'inflation poursuive sa progression tout au long de cette année avec des mesures restrictives supplémentaires, notamment des hausses de taux », ont affirmé les économistes de Citigroup, Ken Peng et Shen Minggao, dans une note.
Pékin a déjà commencé ce mois-ci à lutter contre les pressions inflationnistes et les menaces de bulles provoquées par le crédit bancaire, qui a presque doublé l'année dernière par rapport à 2008.
Jeudi dernier, la Banque centrale chinoise a relevé les taux d'intérêt sur les bons du Trésor à trois mois pour la seconde fois en deux semaines. Elle a aussi augmenté les taux d'intérêt sur les bons du Trésor à un an. Elle a également relevé le taux de réserves obligatoires pour les grandes banques - le montant minimum que les établissements financiers doivent garder dans leurs coffres -, restreignant ainsi les crédits qu'elles peuvent accorder.
Pour les analystes, les autorités devraient continuer à avoir recours à ces outils avant de se tourner vers des décisions plus radicales.
Tao Dong, analyste au Crédit suisse, s'attend ainsi à une « légère accélération » dans la restriction du crédit et le relèvement du taux de réserves obligatoires.
Les taux d'intérêt ne devraient pas bouger jusqu'à ce que l'inflation dépasse les 3 % ou à moins que la Réserve fédérale décide d'augmenter les siens, selon Tao.
Décider d'une hausse des taux avant les États-Unis pourrait en effet encourager les investisseurs à acheter des actifs libellés en yuan, particulièrement rémunérateurs, ce qui nourrirait les pressions inflationnistes et les appels à une appréciation de la monnaie chinoise.
L'indice des prix à la consommation, principale jauge de l'inflation, a augmenté de 1,9 % sur un an en décembre, après être resté largement négatif pendant près d'un an, et les experts s'attendent à ce que la hausse des prix en 2010 dépasse les 3 %.
Sur l'ensemble de 2009, il a été de -0,7 % en glissement annuel.
Alaistair Chan, économiste de Moody's Economy.com, ne voit pas dans l'immédiat une possible hausse des taux d'intérêt. « Même si c'est possible, il semble que le gouvernement ne souhaite pas prendre une mesure aussi radicale », dit Chan, qui s'attend cependant à ce que le gouvernement resserre les boulons.
« Cela inclura une meilleure rémunération des bons du Trésor, des ventes supplémentaires de bons, des taux de réserves obligatoires plus forts et des mesures pour décourager les prêts publics ou privés », ajoute-t-il. « Une hausse des taux d'intérêt est attendue, mais à la mi-2010 au plus tôt », dit-il.
La semaine dernière, le Premier ministre Wen Jiabao a affirmé que son pays surveillait attentivement les risques liés aux immenses liquidités déversées dans l'économie dans le cadre du plan de relance de l'ordre de 400 milliards d'euros sur deux ans.
Ses commentaires ont renforcé les prévisions d'une sortie des mesures de relance et d'une politique macroéconomique plus restrictive.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine