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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

L’Arménie agite le spectre d’un échec du rapprochement avec la Turquie

Ankara réclame des « explications » à Erevan au sujet des « altérations » faites aux protocoles prévoyant l'établissement de relations diplomatiques et l'ouverture de leur frontière commune.

L'Arménie a prévenu hier que le rapprochement avec la Turquie risquait d'échouer, les deux pays s'opposant une nouvelle fois sur la question du génocide des Arméniens au début du XXe siècle, une dispute qui empoisonne leurs relations depuis des décennies. « Si la Turquie n'est pas prête à ratifier les protocoles, si elle continue à parler la langue des ultimatums, d'avancer des conditions préalables et de faire obstacle au processus, alors je n'exclus pas que les pourparlers échouent », a prévenu le chef de la diplomatie arménienne, Édouard Nalbandian.
La Turquie et l'Arménie ont signé en octobre 2009 deux protocoles historiques prévoyant l'établissement de relations diplomatiques et l'ouverture de leur frontière commune. Mais la ratification parlementaire de ces documents n'a eu lieu dans aucun des deux pays, qui s'accusent mutuellement de vouloir ralentir le processus ou de chercher à changer unilatéralement le contenu de ces textes.
Ainsi, cette semaine, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a martelé que son pays ne pourra « jamais accepter » la décision de la Cour constitutionnelle arménienne qui a jugé les protocoles légaux, tout en soulignant qu'ils ne devaient pas contredire un article de la déclaration d'indépendance de l'Arménie faisant référence au « génocide de 1915 ». M. Erdogan a alors accusé Erevan de chercher à « altérer le texte » des accords turco-arméniens de normalisation. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a d'ailleurs estimé hier que la décision de la Cour contredisait « l'esprit et la lettre des protocoles » et a réclamé à l'Arménie des « explications à ce sujet ». « Les affirmations de la Turquie selon lesquelles (...) l'Arménie a apporté le moindre changement à ces documents ne correspondent pas à la réalité et sont absurdes », a rétorqué M. Nalbandian. « Dire que l'Arménie retarde le processus est absurde (...) et nous espérons que la Turquie ne va pas ralentir le processus en avançant des explications factices », a-t-il ajouté, accusant Ankara de geler le processus « depuis octobre ».
La signature des protocoles n'a en effet pas effacé les désaccords ancestraux entre les deux pays, notamment sur la question des massacres et déportations d'Arméniens pendant les dernières années de l'Empire ottoman. Erevan les qualifie de génocide, un terme rejeté par Ankara, qui reconnaît néanmoins entre 300 000 et 500 000 morts. Mais cette question n'est pas la seule à ralentir la mise en œuvre des protocoles, des responsables turcs ayant aussi prévenu que les accords ne seraient pas ratifiés faute de progrès côté arménien sur son conflit avec l'Azerbaïdjan, allié à la Turquie, pour la région du Nagorny-Karabakh. L'Arménie refuse pour sa part de faire ce lien, et M. Nalbandian a indiqué ne pas s'attendre « à une percée » dans les pourparlers avec Bakou, notamment lors de la rencontre prévue lundi prochain, sous l'égide de la Russie, des présidents arménien et azerbaïdjanais, Serge Sarkissian et Ilham Aliev. « Il est difficile de dire ce qui va se passer en 2010. Si la partie azerbaïdjanaise affiche une approche plus constructive, alors des avancées seront possibles. Mais je ne peux pas dire qu'une percée interviendra bientôt », a estimé le ministre.
La frontière turco-arménienne a été fermée en 1993 par la Turquie en soutien à l'Azerbaïdjan, après la prise de contrôle par l'Arménie du Nagorny-Karabakh, enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais.
L'Arménie a prévenu hier que le rapprochement avec la Turquie risquait d'échouer, les deux pays s'opposant une nouvelle fois sur la question du génocide des Arméniens au début du XXe siècle, une dispute qui empoisonne leurs relations depuis des décennies. « Si la Turquie n'est pas prête à ratifier les protocoles, si elle continue à parler la langue des ultimatums, d'avancer des conditions préalables et de faire obstacle au processus, alors je n'exclus pas que les pourparlers échouent », a prévenu le chef de la diplomatie arménienne, Édouard Nalbandian.La Turquie et l'Arménie ont signé en octobre 2009 deux protocoles historiques prévoyant l'établissement de relations diplomatiques...
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