Jusqu'à présent, le 8 Mars, et plus particulièrement le Hezbollah, n'a pas pris position par rapport aux propos du responsable palestinien, alors que dans les milieux politiques, on se demande en général ce qui a bien pu motiver l'apparition d'Abou Moussa à Beyrouth après 28 ans d'absence et ses déclarations sur les armes palestiniennes en dehors des camps. Répondait-il à celles faites par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de sa visite récente à Beyrouth ou aux propos du chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal ? Certains hommes politiques le pensent et estiment que certains Palestiniens considèrent toujours le Liban comme une boîte postale grâce à laquelle il peuvent échanger des messages, notamment pour montrer qu'ils sont toujours capables de changer la donne et d'empêcher des accords qui ne sont pas dans leur intérêt.
D'autres pensent que la Syrie a cessé d'assurer une couverture politique au dirigeant palestinien qu'elle aurait informé de sa volonté de fermer ses camps au Liban, notamment à la frontière. Pour eux, Abou Moussa aurait réagi en faisant monter les enchères pour essayer de s'imposer sur la scène locale dans le but d'obtenir une sorte de lot de consolation au cas où ses camps seraient réellement fermés.
D'autres estiment au contraire qu'il a été dépêché par les Syriens qui auraient voulu, à travers lui, adresser un même message dans plusieurs directions, à savoir que Damas continue de détenir des atouts qu'il peut toujours utiliser en temps voulu, que ce soit dans le cadre du conflit interpalestinien ou du conflit arabo-palestinien.
Quoi qu'il en soit, dans certains cercles ministériels, on s'est ainsi dit surpris de ce que Abou Moussa ait invité les autorités libanaises à ouvrir avec lui un dialogue au sujet des armes palestiniennes et de ce que d'autres dirigeants palestiniens aient également réclamé une conférence de dialogue libano-palestinienne.
Les deux restent hors de question. D'abord parce qu'il n'est pas question de revenir aux comités conjoints libano-palestiniens de coordination ou de sécurité, ensuite parce que la conférence nationale de dialogue a abordé le dossier des armes palestiniennes et pris des décisions à l'unanimité à ce sujet.
Mais au niveau officiel, on préfère garder le silence, en attendant de voir si la Syrie va honorer sa promesse de contribuer au règlement des armes palestiniennes en dehors des camps, promesse que le président Bachar el-Assad avait formulée devant le Premier ministre libanais, Saad Hariri.

