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Moyen Orient et Monde - Séisme

Les marines débarquent en Haïti pour sécuriser l’aide

La phase de recherche des survivants devrait s'achever « très bientôt ».

À Port-au-Prince, un enfant se tient à côté d’un soldat après avoir reçu de l’aide humanitaire. Tatyana Makeyeva/Reuters

Des troupes héliportées américaines ont pris position hier à des endroits stratégiques de Port-au-Prince pour sécuriser les opérations humanitaires destinées à répondre à une population aux abois, une semaine après le séisme. Une cinquantaine de parachutistes de la 82e division aéroportée ont débarqué d'au moins quatre hélicoptères pour prendre position près du palais présidentiel en ruine de Port-au-Prince.
Dans le même temps, les premiers éléments du corps des marines sont arrivés à 16 km au sud-ouest de la capitale haïtienne. Selon le colonel Greg Kane, ils doivent se rendre dans les villes de Léogâne, Grand-Goâve et Petit Goâve pour faire la liaison avec les Casques bleus. Les marines ont aussi déployé des hélicoptères et des aéroglisseurs. Plus d'une centaine de véhicules, deux systèmes de purification d'eau, neuf citernes pour le transport d'eau, six citernes pour le transport de carburant, seize groupes électrogènes, vingt tentes ainsi que des médicaments doivent être déployés à terre. L'afflux d'hommes en armes près du palais présidentiel était fraîchement accueilli par certains Haïtiens, alors que d'autres s'en félicitaient. « C'est une occupation. Le palais représente notre pouvoir, notre identité, notre fierté », a lancé Feodor Desanges. Cette opération est guidée par des contingences logistiques et « n'a rien de spécial », a cependant observé un responsable militaire américain.
L'importante mobilisation américaine en Haïti a suscité des tensions sur la scène internationale, le Venezuela accusant Washington de vouloir « occuper » Haïti. Après des critiques apparues ces derniers jours en France, l'Élysée a mis les choses au point hier en saluant « le rôle essentiel que les États-Unis jouent sur le terrain ». Lundi, l'aviation américaine avait procédé à de premiers parachutages, larguant 14 500 rations alimentaires et 15 000 litres d'eau sur une zone sécurisée proche de l'aéroport de la capitale haïtienne.
Parallèlement, le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé hier la demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'envoyer 3 500 Casques bleus de plus en Haïti afin de renforcer sa mission sur place, la Minustah. Ceci portera à plus de 12 500 le nombre de Casques bleus dans le pays.
Sur le plan sécuritaire, selon la Minustah, la situation à Port-au-Prince « reste stable, avec des violences et des pillages limités et localisés », et « la plupart des incidents ont été relevés dans des quartiers déjà classés à haut risque avant le séisme ». Toutefois, le Comité international de la Croix-Rouge a dû interrompre une distribution d'aide dans le quartier de Delmas, à Port-au-Prince, en raison d'une « atmosphère tendue ».
Sur le front des secours, l'urgence est désormais d'éviter une catastrophe sanitaire : sans accès à l'eau potable et à des sanitaires, les risques d'épidémie augmentent à chaque instant. « Les priorités immédiates continuent d'être l'aide médicale, la gestion des cadavres, la fourniture d'abris, d'eau potable et l'accès à des sanitaires », a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Malgré des débuts difficiles dans la distribution de l'aide dus à des problèmes logistiques et de coordination, « il y a des progrès, nous avançons sur l'assistance humanitaire d'urgence », a estimé de son côté la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Emilia Casella.
70 000 cadavres ont déjà été enterrés dans des fosses communes, selon le secrétaire d'État à l'Alphabétisation, Carol Joseph. Les forces américaines estiment de leur côté que le nombre de morts pourrait atteindre 200 000. La secousse a également fait au moins 250 000 blessés et 1,5 million de sans-abri. L'ONU a affirmé que « l'espoir persiste » de retrouver des survivants mais le général Daniel Allyn, chef adjoint de l'opération américaine en Haïti, a annoncé hier que la phase de recherche des survivants allait « très bientôt » s'achever pour passer rapidement à la phase de reconstruction.  Enfin, à Saint-Domingue, une première réunion internationale sur la reconstruction a estimé que Haïti avait besoin de dix milliards de dollars sur cinq ans pour se rétablir. Selon des données communiquées hier par l'ONU, des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars, provenant d'États, de personnes privées et d'entreprises, ont déjà été recueillies.

Des troupes héliportées américaines ont pris position hier à des endroits stratégiques de Port-au-Prince pour sécuriser les opérations humanitaires destinées à répondre à une population aux abois, une semaine après le séisme. Une cinquantaine de parachutistes de la 82e division aéroportée ont débarqué d'au moins quatre hélicoptères pour prendre position près du palais présidentiel en ruine de Port-au-Prince.Dans le même temps, les premiers éléments du corps des marines sont arrivés à 16 km au sud-ouest de la capitale haïtienne. Selon le colonel Greg Kane, ils doivent se rendre dans les villes de Léogâne, Grand-Goâve et Petit Goâve...
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