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Liban - Commentaire

Abolir le confessionnalisme est plus difficile aujourd’hui qu’en 1943

Il n'existe pas de désaccord de principe sur l'abolition du confessionnalisme politique depuis 1926, date de la création de la République libanaise.
Et dans la déclaration ministérielle du premier gouvernement de l'indépendance, en 1943, on pouvait lire : « L'heure à laquelle il sera possible d'abolir le confessionnalisme sera celle d'un éveil national global et béni dans l'histoire du Liban. Nous ferons en sorte que cette heure-là soit la plus rapprochée possible. Naturellement, la réalisation de cet objectif nécessite une préparation sur les divers plans de manière à rassurer tout le monde (...) ».
Cependant, on connaît la suite, l'heure en question ne fut guère rapprochée. De longues années ont passé au cours desquelles l'esprit de citoyenneté n'a pas progressé et le confessionnalisme et le sectarisme se sont exacerbés, surtout à partir de 1975.
Or ce qui était encore possible à l'époque des hommes de l'indépendance, lorsque la compétition politique revêtait plus ou moins un esprit national, est devenu plus difficilement réalisable aujourd'hui, étant donné que l'esprit de citoyenneté a fortement régressé dans l'intervalle.
Le sectarisme et le confessionnalisme ont atteint un tel degré de nos jours au Liban que le processus de mise en place d'une commission nationale représentant toutes les forces politiques du pays et chargée de ce dossier est tout sauf aisé.
En effet, lorsque la formation d'un gouvernement d'union nationale nécessite cinq mois et quand l'élection des commissions parlementaires est maintes fois ajournée avant que le quorum requis à la Chambre ne soit assuré, on peut se demander combien de temps il faudra pour former une commission nationale chargée de débattre de l'abolition du confessionnalisme politique.
En clair, il serait peut-être facile de désigner les représentants des chiites, des sunnites et des druzes au sein de cette commission, mais le problème est autrement plus compliqué pour ce qui est des chrétiens, divisés en plusieurs groupes et partis qui rivalisent entre eux sur la question de la représentativité chrétienne.
En tout état de cause, à supposer même que l'on parvienne à un accord sur la désignation des membres de la commission, sur quelle base celle-ci devrait-elle travailler pour déterminer les moyens de parvenir à l'abolition du confessionnalisme ? Qu'en serait-il par exemple si un accord est impossible à trouver en son sein ? Faudrait-il alors recourir au vote, et si c'est le cas, selon quelle majorité ? D'autre part, quel quorum faudrait-il adopter pour les réunions de cet organisme, la majorité absolue ou celle des deux tiers, comme c'est le cas pour le Conseil des ministres ?
En réalité, tout le monde appelle à l'abolition du confessionnalisme politique, mais très peu disent sincèrement ce qu'ils ont sur le cœur. Et c'est Walid Joumblatt qui avait résumé la situation en soulignant que « le Liban est un regroupement de minorités et chacune d'elles a peur des autres ».
Il n'existe pas de désaccord de principe sur l'abolition du confessionnalisme politique depuis 1926, date de la création de la République libanaise.Et dans la déclaration ministérielle du premier gouvernement de l'indépendance, en 1943, on pouvait lire : « L'heure à laquelle il sera possible d'abolir le confessionnalisme sera celle d'un éveil national global et béni dans l'histoire du Liban. Nous ferons en sorte que cette heure-là soit la plus rapprochée possible. Naturellement, la réalisation de cet objectif nécessite une préparation sur les divers plans de manière à rassurer tout le monde (...) ».Cependant, on connaît la suite, l'heure en question ne fut guère rapprochée. De...
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