Les tentacules de la dictature s'étaient étendus dans toute l'Europe : en Russie avec Joseph Staline, en Italie avec Mussolini, en Espagne avec les franquistes et la junte militaire en Grèce. Jean Rostand écrivait dans Inquiétude d'un biologiste : « Tant qu'il y aura des dictatures, je n'aurai pas le cœur à critiquer une démocratie. » L'Apartheid des peuples sud-africains, en 1949, par les minorités blanches stigmatisait la discrimination raciale. Cette séparation des couleurs dura jusqu'aux années 1990. La dernière moitié du XXe siècle vit la chute du mur de Berlin puis, dix ans plus tard, la chute du communisme en URSS grâce à Gorbatchev. La fin de la guerre froide fait de l'Amérique la seule superpuissance. Son intervention au Proche-Orient est mal vue lors de la guerre du Golfe. Alors vint le 11 septembre 2001 qui change la donne. La guerre contre le terrorisme commence.
En cette première décennie du troisième millénaire, les puissances occidentales, qui n'ont encore tiré aucune leçon des siècles passés, ferment les yeux sur l'attitude d'Israël. Ce dernier, devenu oppresseur à son tour, pourchasse les Palestiniens, créant une démographie rampante de ce peuple dans les pays arabes. De victime, Israël devient bourreau. L'exode cette fois est celui des Palestiniens. Cette cause est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre, et depuis cinquante ans déjà s'écrit en lettres de sang celui de ses propre martyrs.
Actuellement, la région vit dans un cercle vicieux, car tant que les Israéliens poursuivront la construction de colonies dans les zones arabes occupées, ils se heurteront à un refus de tout dialogue de la part des Palestiniens. Plus Israël s'éloignera de la paix, plus l'Iran persistera dans son désir de posséder la bombe atomique. Le rapport Goldstone n'a eu aucun effet. Pourtant, il existe toute une génération qui vit dans l'oppression et la pauvreté. Qu'adviendra-t-il d'elle dans dix ans ? Je ne pourrai pas, dans ces quelques lignes, m'étendre sur les sévices subis par les Palestiniens dans la bande de Gaza ; toutefois, je conseillerai la lecture d'un livre, où les institutions humanitaires tels Amnesty International et Human Rights Watch ont concentré leurs témoignages, avec rapports et documents à l'appui. Son objectivité n'est pas à mettre en doute puisqu'il est écrit par Reporters sans frontières. Il s'intitule Gaza le livre noir.
Pour ne pas que l'histoire se répète, il est demandé à l'administration américaine et à Israël de travailler pour la paix au Proche-Orient, c'est la seule solution pour le salut de la région. Sachant que l'injustice engendre la vengeance, et que l'oppression engendre la violence, comment s'étonner qu'il y ait une résistance militaire face à toutes ces violations ? Comment s'étonner de la naissance de ces groupuscules terroristes qui se multiplient comme des amibes dans le monde ? L'Amérique devrait gérer ce conflit dans ses causes profondes et humaines et pas seulement dans ses effets apparents et par les armes, jusqu'à l'établissement de deux États distincts : deux peuples (juif et palestinien), vivant dans le respect l'un de l'autre. À ce moment-là, le Nobel de la paix attribué au président Obama aura réalisé sa pleine justification : car l'intention de paix dans le monde ne suffit pas, encore faut-il la réaliser. En attendant, autour de nous, c'est la guerre entre les chiites et les sunnites et l'exode des chrétiens (Yémen, Irak, Afghanistan, Arabie...).
Il faut trouver la solution rapidement car « le temps n'est pas notre allié ; c'est notre juge et nous sommes déjà en sursis », comme le constate notre compatriote Amin Maalouf, dans le prologue de son essai Le dérèglement du monde.
P.S. Et pourquoi ne pas suspendre le blocus de la bande de Gaza, et déployer à la frontière avec Israël les forces onusiennes, comme prélude aux pourparlers de paix ?

