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Nos lecteurs ont la parole

Une loi antitabac « par étapes »…

Lina EL-KADI RIFAAT
Après avoir lu l'article du lundi 11 janvier « Atef Majdalani : Une loi antitabac sera votée avant 2010 », je me suis dit : « Enfin ! ». Le premier moment d'extase passé, j‘ai réalisé que comme toute autre loi ou décision, les choses ne seront faites qu'à moitié dans ce pays. Et dire que Beyrouth était la mère des lois...
Le besoin de passer par des paliers progressifs m'échappe un peu. L'applicabilité de la loi n'est pas un concept relatif. On ne vole pas, on ne viole pas, on ne tue pas. On ne fume pas en public. Mais encore une fois c'est le Liban, où une partie de la population décide de respecter les feux de signalisation et l'autre partie n'éprouve pas le besoin de le faire, où les trottoirs sont bloqués par les voitures et les motos, où le gendarme passe par une ruelle en contresens, où le responsable de la sécurité fume sous le signe « Interdiction de fumer » à l'aéroport ou au Palais de justice, et où les libertés des autres sont piétinées comme des mégots de cigarettes sous le grand titre de la liberté personnelle.
Et ce fameux Libanais qui respecte à merveille toutes les lois et les interdictions hors de son pays se transforme en enfant gâté et capricieux dans son propre pays. On le laisse faire, car il y a d'autres préoccupations, plus pressantes.
Plusieurs recherches conduites par des organismes internationaux ont conclu que le tabagisme constitue la première cause de mortalité, que le tabagisme passif tue aussi et qu'il accentue des maladies graves, sans mentionner la simple violation des libertés des non-fumeurs. Et on éprouve encore le besoin de faire passer la loi par étapes ! Tous les cancers, les problèmes cardio-vasculaires, l'asthme, les déformations génétiques, les dépenses médicales du monde peuvent attendre, le Libanais risquant de piquer une crise de nerfs car sa « terrible twos » est chronique.
Ce Libanais qui, même s'il avait l'intention de se conformer aux règlements, est poussé à ne plus le faire. Tel un enfant qui a menti plusieurs fois et qu'on ne croit plus. Pourquoi alors renoncerait-il aux mensonges ?  
Il serait intéressant de connaître le pourcentage des décès causés au Liban par les accidents de la route, les guerres, le suicide et les maladies liées au tabagisme. Le tabagisme apparaîtra alors dans sa réalité : il s'agit d'un fléau comme les autres et il n'est pas moins urgent de le combattre.
En outre, la loi évoquée dans l'article du 11 janvier  ne prévoit pas la manipulation des prix, à cause du risque de contrebande. Comment peut-on déclarer perdue une bataille avant de l'avoir menée ? Quel message adresse-t-on aux contrebandiers ? Que la fraude ne peut pas être arrêtée, donc on fait ce qu'on peut pour ne pas lui donner des raisons d'exister ?
Le prix d'un paquet de cigarettes est ridiculement bas au Liban ; les moins privilégiés arrivent facilement à assurer leur dose de nicotine, mais seront-ils capables d'assurer les frais médicaux d'une potentielle maladie grave liée au tabagisme ?
La responsabilité du gouvernement consiste à protéger les citoyens et à rendre plus difficile l'accès aux cigarettes en relevant les prix, à combattre la contrebande (autant que possible) et à prévoir des dispositions dans la loi à venir pour que soit interdite la vente des cigarettes à proximité des écoles, universités et centres de jeunesse.
Dans l'espoir de rejoindre les autres pays du monde qui ont appliqué la loi antitabac et dont le nombre se multiplie, on dîne au Liban entre amis, on parle politique et voitures, on regarde la table voisine, on boit à la santé de tous et... on fume.

Lina EL-KADI RIFAAT
Après avoir lu l'article du lundi 11 janvier « Atef Majdalani : Une loi antitabac sera votée avant 2010 », je me suis dit : « Enfin ! ». Le premier moment d'extase passé, j‘ai réalisé que comme toute autre loi ou décision, les choses ne seront faites qu'à moitié dans ce pays. Et dire que Beyrouth était la mère des lois...Le besoin de passer par des paliers progressifs m'échappe un peu. L'applicabilité de la loi n'est pas un concept relatif. On ne vole pas, on ne viole pas, on ne tue pas. On ne fume pas en public. Mais encore une fois c'est le Liban, où une partie de la population décide de respecter les feux de signalisation et l'autre partie n'éprouve pas le besoin de le faire,...
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