Il est peu probable que Tel-Aviv, comme l'affirme un professeur de l'université d'el-Azhar de Gaza cité par l'agence chinoise Xinhua, veuille entraîner le mouvement de Khaled Mechaal dans une nouvelle guerre afin de tester ses capacités un an après les terribles affrontements de l'hiver dernier qui avaient fait près de 1 400 morts côté palestinien. Nul n'ignore que l'arsenal détruit par l'aviation ennemie - principalement des missiles Tandem et des roquettes RPG-29 - a été reconstitué. Toutefois, il est permis de douter que l'intense mouvement de contrebande observé depuis l'été dernier débouche sur une nouvelle confrontation, à moins d'un dérapage qui serait l'œuvre d'éléments incontrôlés du Front populaire de libération de la Palestine ou des Comités populaires de résistance qui se sont manifestés de manière bruyante ces deux dernières semaines.
Il semble, au contraire, que le Hamas n'ait pas attendu la mise en garde de Barak pour inviter ces trublions à observer une stricte retenue. Fathi Hamad, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement jadis contrôlé par le Mouvement de la résistance islamique, n'a cessé ces derniers temps de souligner que des accords ont été passés entre les diverses fractions palestiniennes, prévoyant la cessation des tirs en direction des territoires ennemis.
Deux éléments plaident en faveur d'un tel armistice qui ne veut pas dire son nom, mais que pourraient venir troubler des opérations ciblées contre des responsables palestiniens. Le premier est le bouclage par Le Caire de cette passoire qu'était devenue la frontière avec l'enclave, par laquelle transitaient armes, munitions et argent. Le second élément est représenté par le réseau antimissile mis en place par les unités spécialisées de l'armée israélienne, pour un coût de 200 millions de dollars et qui devrait être opérationnel avant l'été prochain. À en croire les experts du ministère de la Défense, il sera alors possible théoriquement d'abattre une fusée quelques secondes à peine après son lancement. Mais déjà certaines voix s'élèvent pour contester l'efficacité du réseau, incapable selon elles de stopper un tir massif ou même certains types de missiles. Une autre critique a été formulée par, eh oui, un expert du Hamas pour qui le système pourrait s'avérer coûteux.
Tout cela est de nature à affaiblir les actuels maîtres de Gaza. Pour autant, la position de Mahmoud Abbas et de ses lieutenants ne s'en trouve pas renforcée. Bien au contraire, serait-on tenté de dire. Il en est de même de la politique proche-orientale suivie à ce jour par Barack Obama. On est loin du discours du Caire, de la condition posée aux Israéliens pour une reprise du processus de paix (arrêt des colonies, démantèlement des points de peuplement illégaux), de la mission impartie à ce pauvre George Mitchell. Au fil des jours, la crise ne fait que se compliquer, le facteur iranien, l'émergence - en terre arabe désormais - d'el-Qaëda et les problèmes de succession ici et là venant accroître l'instabilité ambiante.
Chez lui, Benjamin Netanyahu se heurte à des difficultés qu'il n'est pas parvenu à surmonter, coincé qu'il est entre les jusqu'au-boutistes civils et les ultras religieux. La main tendue à Tzipi Livni a été ignorée et on voit mal vers qui le Premier ministre pourrait se tourner pour échapper à l'emprise des extrémistes de tous bords dont l'intransigeance limite son champ de manœuvre.
Ce n'est pas tout à fait la guerre ; c'est loin encore d'être la paix : jusqu'à quand le Proche-Orient pourra-t-il continuer à balancer entre ces deux « non-situations » à l'heure des grandes échéances ? Pour longtemps peut-être, tant il est vrai, comme disait Clemenceau, qu'il n'y a que le provisoire qui dure.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef