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Moyen Orient et Monde - Politique

La Chine exécute un Britannique accusé de trafic de drogue

Les proches d'Akmal Shaikh le décrivent comme un malade mental.

Akmal Shaikh avait été arrêté en septembre 2007, à Urumqi, en possession de quatre kilos d’héroïne. Reuters/Luis Belmonte Diaz

Malgré d'ultimes appels à la clémence, la Chine a procédé hier à l'exécution d'un ressortissant britannique, condamné à mort pour trafic de drogue, a rapporté l'AFP. Akmal Shaikh, 53 ans, a été exécuté par injection létale à Urumqi, capitale du Xinjiang (Nord-Ouest), a annoncé l'agence Chine nouvelle. Il est le premier Européen à subir la peine capitale en Chine depuis 58 ans, selon Reprieve, une ONG d'aide juridique basée à Londres.
Le Royaume-Uni a immédiatement condamné l'exécution d'un homme dont les proches affirment qu'il souffrait de troubles maniaco-dépressifs et de crises de délire. L'ambassadrice de Chine à Londres, Mme Fu Ying, a été convoquée au Foreign Office à Londres à la mi-journée. « J'ai eu une conversation difficile », a rapporté le secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Ivan Lewis, qui a reçu la diplomate. « J'ai clairement fait comprendre que l'exécution de M. Shaikh était totalement inacceptable et que la Chine avait totalement manqué à ses responsabilités en matière de droits de l'homme dans ce cas. En particulier du fait que la Cour (suprême) de Chine n'a pas tenu compte de l'état mental de M. Shaikh », a ajouté M. Lewis dans un communiqué.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, était intervenu personnellement à plusieurs reprises en faveur du condamné. Il a été le premier à annoncer l'exécution, la condamnant « dans les termes les plus fermes ». « Je suis scandalisé et déçu que nos demandes persistantes de clémence n'aient pas été exaucées », a-t-il déclaré dans un communiqué. M. Brown s'est dit « particulièrement préoccupé par le fait qu'aucune évaluation de la santé mentale (du condamné) n'ait été menée », avant de présenter ses « condoléances » aux parents et amis d'Akmal Shaikh.
Pékin a vivement réagi aux accusations de Londres. « La justice chinoise a géré (ce cas) en stricte conformité avec la loi », a assuré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, « la Chine a pleinement respecté les droits de recours de l'accusé ». « Nous exprimons notre fort mécontentement et notre opposition aux accusations britanniques », a ajouté Mme Jiang Yu, qui a appelé Londres à « ne pas créer de nouveaux obstacles » dans les relations bilatérales.
Dans la soirée, la Chine a souligné la gravité du crime commis par le Britannique. « Akmal Shaikh a été condamné pour un grave crime de trafic de drogue. La quantité d'héroïne qu'il a apportée en Chine était de 4 030 grammes, suffisante pour causer 26 800 morts et menacer de nombreuses familles », a relevé l'ambassade de Chine à Londres dans un texte publié sur son site Internet. « Les droits de M. Shaikh ont été respectés » tout au long de la procédure judiciaire qui a mené à son exécution.
À Paris, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères s'est dit « pleinement solidaire des autorités britanniques », regrettant « vivement que les appels à la clémence n'aient pas été entendus ».
Tôt hier, la Cour suprême avait donné le feu vert à l'exécution en rejetant l'argument de troubles psychiques. « L'enquête de la Cour montre que rien ne permet de soupçonner une maladie mentale chez Akmal Shaikh, en conséquence la demande (de clémence) n'est pas acceptable », a estimé la Cour. Pourtant, selon plusieurs témoignages recueillis par Reprieve, Akmal Shaikh était un homme souffrant de graves troubles psychiatriques. Ce Londonien arrivé de Chine après une errance en Pologne était obsédé par l'idée de faire une carrière internationale avec une chanson qui apporterait la paix dans le monde. On peut l'entendre chanter sur YouTube Come Little Rabbit (Viens petit lapin), une chanson qui témoigne tristement de son déphasage.
M. Shaikh avait été arrêté en septembre 2007, à Urumqi, en possession de quatre kilos d'héroïne. Sa famille assure que des criminels ont profité de sa vulnérabilité psychologique pour lui faire transporter de la drogue. La Chine a procédé à près de 1 700 exécutions en 2008, sur les 2 400 recensées dans le monde, selon Amnesty International.
Malgré d'ultimes appels à la clémence, la Chine a procédé hier à l'exécution d'un ressortissant britannique, condamné à mort pour trafic de drogue, a rapporté l'AFP. Akmal Shaikh, 53 ans, a été exécuté par injection létale à Urumqi, capitale du Xinjiang (Nord-Ouest), a annoncé l'agence Chine nouvelle. Il est le premier Européen à subir la peine capitale en Chine depuis 58 ans, selon Reprieve, une ONG d'aide juridique basée à Londres.Le Royaume-Uni a immédiatement condamné l'exécution d'un homme dont les proches affirment qu'il souffrait de troubles maniaco-dépressifs et de crises de délire. L'ambassadrice de Chine à Londres, Mme Fu Ying, a...
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