La mobilisation de l’opposition, dimanche, a été la plus massive et la plus sanglante depuis les grandes manifestations ayant suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Amir Sadeghi/AFP
Cette mobilisation de l'opposition au président Ahmadinejad a été la plus massive et la plus sanglante depuis les grandes manifestations ayant suivi sa réélection, qui avaient fait 36 morts selon le gouvernement et 72 selon l'opposition.
Plusieurs personnalités proches du pouvoir ont appelé hier à intensifier la répression contre les principaux dirigeants de l'opposition, dont une quinzaine de personnalités de second plan ont été arrêtées dans la journée, selon plusieurs sites d'opposition. Parmi les personnes arrêtées figurent notamment deux proches de l'ancien président Mohammad Khatami, MM. Morteza Haji, ancien ministre et directeur général de la fondation Baran de M. Khatami, et son adjoint Hassan Rassouli, selon le site des parlementaires d'opposition Parlemannews.ir. Trois des principaux conseillers de M. Moussavi - Ali Reza Beheshti, Ghorban Behzadian-Nejad et Mohammad Bagherian - ont également été arrêtés, selon la même source. Le journaliste et défenseur des droits de l'homme Emadeddin Baghi et une dizaine d'activistes de l'opposition ont aussi été appréhendés à Téhéran et Qom, au sud de la capitale, selon les sites d'opposition. L'ancien ministre des Affaires étrangères Ibrahim Yazdi, 78 ans, chef du petit Mouvement de libération de l'Iran (MLI) et figure de l'opposition libérale, a été lui aussi arrêté.
Plusieurs personnalités proches du pouvoir ont cependant appelé à frapper directement les chefs de l'opposition. « Le moment est venu de convoquer devant la justice les chefs du mouvement hypocrite et de la conspiration, notamment Moussavi », a déclaré le chef de la commission de la Justice du Parlement, l'hodjatoleslam Ali Shahrokhi. L'ayatollah conservateur Ahmad Khatami, imam de la prière du vendredi à Téhéran, a appelé la justice à cesser de « faire preuve de tolérance à l'égard des chefs de la conspiration », vocable désignant l'opposition. Les gardiens de la révolution (armée idéologique du régime) et le bassidj (milice islamique) ont affirmé, eux, être « totalement prêts, si nécessaire, à éradiquer le complot (l'opposition) et demandent instamment à l'autorité judiciaire de réagir fermement, sans aucune restriction, contre les comploteurs », selon un communiqué diffusé sur le site de la télévision d'État.
Du côté de l'opposition, seul l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi s'est exprimé pour dénoncer un pouvoir qui « envoie un groupe sauvage pour réprimer les gens ». Des agents de sécurité ont perquisitionné hier les bureaux du magazine féminin Irandokht dirigé par son épouse, et ont saisi ses ordinateurs, selon le site d'opposition Advarnews.
La répression des manifestations a été vivement critiquée à l'étranger. Le président américain Barack Obama a qualifié la répression de « violente et injuste » et exhorté la République islamique à libérer « immédiatement » les personnes « injustement emprisonnées ». L'Union européenne a condamné la violence contre des manifestants qui « tentent d'exercer leur liberté d'expression », alors que la Russie, « inquiète », a appelé à la « retenue ».

