L'approbation de la législation par le Parlement s'est faite sans les députés du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes) et des autres partis du Sud, qui se sont retirés de la séance et annoncé leur boycott de l'Assemblée.
Après des mois de tractations et de tensions, le gouvernement et le SPLM avaient annoncé la semaine dernière être parvenus à un accord sur tous leurs différends, y compris sur les modalités du référendum.
Aux termes de la nouvelle loi, l'indépendance du Sud-Soudan sera reconnue si le « oui » atteint les 51 %, à condition que le taux de participation atteigne les 60 %. Mais le SPLM et les autres partis sudistes ont rejeté un article stipulant que les Sud-Soudanais se trouvant dans le nord du Soudan ou à l'étranger devaient voter sur leur lieu de résidence.
Les Sudistes, qui réclamaient que tous les Sud-Soudanais s'enregistrent et votent dans le Sud pour éviter d'éventuelles fraudes ou pressions exercées sur les électeurs, se sont retirés de la séance en signe de protestation.
« Il est inacceptable, d'un point de vue politique, qu'on se mette d'accord avec quelqu'un puis qu'on revienne sur cet accord », a déclaré Yasser Arman, le secrétaire général adjoint du SPLM, lors d'une conférence de presse à l'issue du vote. « Ce qui s'est passé aujourd'hui (...) est la pire erreur commise à l'encontre du CPA », l'accord de paix global signé en 2005 entre le sud et le nord du pays, a-t-il ajouté. « À partir d'aujourd'hui, nous ne participerons plus aux séances du Parlement, jusqu'à ce que la question soit réglée », a-t-il poursuivi, précisant que son mouvement allait porter l'affaire à la présidence de la République.
Le Congrès national a reconnu, tout en minimisant l'affaire, que le texte de la loi avait été modifié. « Il est regrettable que les députés du SPLM se retirent (du Parlement). Ce qui s'est produit, c'est un petit changement (...), mais il y avait un accord sur l'ensemble de la loi et elle a été adoptée comme elle était », a déclaré Ibrahim Ghandour, un haut responsable du parti du président Omar el-Béchir.
« L'article a été modifié parce qu'il contrevenait à la Constitution intérimaire, qui donne à tout Soudanais la liberté de mouvement d'une région à une autre », a pour sa part affirmé Badriya Souleimane, la présidente de la commission de la Justice au Parlement.


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