Ces dernières semaines, des inspecteurs ont distribué des ordres de destruction, ce qui a provoqué une série d'incidents entre colons et forces de l'ordre. « Nous nous préparons à faire face à des situations où les inspecteurs se verraient interdire l'entrée des implantations, et nous obligeant à détruire des constructions illégales » a déclaré à l'AFP ce haut responsable sous le couvert de l'anonymat. Le ministère de la Défense a appelé pour sa part, dans un communiqué, les représentants des colons « à appliquer la décision de gel de la construction et d'éviter ainsi l'usage de la force » par l'armée et la police. Interrogé par l'AFP, un porte-parole militaire a assuré que l'armée « agit selon les instructions du gouvernement élu démocratiquement ». Il s'est refusé à donner des détails sur les moyens et les méthodes qui seront employés.
Les médias précisent que le commandement militaire de la région centre, qui comprend la Cisjordanie, prévoit que les opérations de destruction risquent de dégénérer en affrontements avec les colons. Pour mener à bien leur mission, les responsables militaires ont décidé de mobiliser d'importants effectifs de soldats, d'agents du Shin Beth (le service de sécurité intérieure) et de garde-frontières (qui dépendent de la police). Ils prévoient également de recourir à des avions et des drones pour surveiller les opérations, d'installer des barrages routiers et de brouiller les liaisons téléphoniques afin de gêner la coordination entre colons qui tenteraient de s'opposer aux opérations de destruction. Les responsables militaires sur le terrain ont en outre reçu l'ordre de se préparer à d'éventuels mouvements d'insubordination de soldats religieux qui refuseraient d'obéir aux ordres sur l'injonction de leurs rabbins, qui en ont exprimé la menace. Enfin, l'accès aux journalistes sur les lieux des opérations devrait également être interdit.

