Cet hologramme vient s'ajouter à celui utilisé jusqu'à présent par le syndicat des importateurs de médicaments, pour assurer une sécurité supplémentaire aux remèdes de la compagnie. Une initiative qui s'inscrit dans le cadre des mesures prises par le laboratoire pour lutter contre la contrefaçon et qui a développé à cet effet une technique baptisée « Security Label » ou « Label de sécurité », introduite sur le marché français il y a près de deux ans.
Cet hologramme, un sticker de 25x15mm, est collé en France dans les usines des laboratoires sur l'emballage extérieur du produit. Au cas où il est enlevé, la boîte s'abîme. Il est composé de deux parties. La partie gauche contient des métaux, notamment du cuivre et de l'argent, et présente plusieurs couleurs, alors que la partie droite est de couleur changeante et porte le logo des laboratoires Sanofi-Aventis.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le président de la commission parlementaire de la Santé, Atef Majdalani, a insisté sur le danger que représentent les médicaments contrefaits pour la santé. « Dans les pays en voie de développement et dans les pays où les systèmes de santé sont encore primitifs, la contrefaçon des médicaments est assez courante, explique-t-il. Pour y lutter, il est important d'améliorer les systèmes de santé et de sensibiliser l'opinion publique au problème. »
« Le Liban n'est pas à l'abri de la contrefaçon, poursuit le Dr Majdalani. Les compagnies pharmaceutiques peuvent, grâce aux mesures de protection qu'elles entreprennent, limiter leur affluence. Quant au gouvernement, il devrait, pour contrer ce problème, mettre en place un système qui assurerait une couverture médicale globale à un plus grand nombre de citoyens, comme il doit assurer un meilleur contrôle des frontières terrestres, aériennes et maritimes. Mais le plus important demeure le fait d'assurer le médicament au citoyen au meilleur prix. »
Et le Dr Majdalani d'insister sur l'importance de mettre en place une politique de santé qui encouragerait l'utilisation des médicaments génériques.
S'exprimant au nom du syndicat des importateurs de médicaments et propriétaires de drogueries au Liban, M. Marwan Hakim a insisté dans son allocution sur les lois nationales et internationales qui régissent la contrefaçon des médicaments, sur les mesures prises pour contrôler le marché, comme sur les mesures qui pourraient encore être prises. Précisant que « les produits de haute qualité existent sur le marché libanais », M. Hakim affirme que le pharmacien reste le seul garant et le principal acteur dans la lutte contre la contrefaçon.
Le président de l'ordre des pharmaciens, Ziad Nassour, a pour sa part présenté le médicament contrefait qui est, selon l'Organisation mondiale de la santé, « un produit dont la composition et les principes actifs ne répondent pas aux normes scientifiques ». « Il est par conséquent inefficace et souvent dangereux pour le patient », précise l'organisation, qui estime que « les médicaments contrefaits représentent 10 % de l'ensemble des médicaments dans le monde ».
Expliquant les façons qui peuvent aider le patient à identifier un médicament contrefait, le Dr Nassour a souligné qu'il ne faudrait jamais accepter de prendre des médicaments en sachets. « Le médicament doit être rangé dans la boîte, sur laquelle figure l'hologramme en trois dimensions du syndicat des importateurs, insiste-t-il. De même, il peut vérifier le numéro du lot inscrit sur le sachet qui doit correspondre à celui figurant sur la boîte en carton. Dans le cas contraire, le médicament est contrefait. »
Le Dr Nassour remarque par ailleurs que le « pharmacien qui achète ses médicaments d'un agent autorisé par le ministère de la Santé ne risque pas d'avoir des produits contrefaits ». Et de conclure en soulignant qu'un numéro vert (01/611344) est à la disposition des citoyens qui suspectent un médicament, qui doivent également en informer le service d'inspection au ministère de la Santé.

