Le ministre Adnane Sayyed Hussein remettant à M. Omar Karamé la médaille décernée à titre posthume, par le président Michel Sleiman, à son frère. Photo Ibrahim Tawil
La médaille a été remise par M. Hussein au frère du président du Conseil défunt, l'ancien chef du gouvernement, Omar Karamé. Répondant à cette occasion aux questions de la presse, M. Karamé a indiqué que cette décoration est décernée à tous les Premiers ministres, mais que son frère en avait tellement reçues que personne ne s'était rendu compte que celle-ci avait été oubliée. Il a précisé que c'est le président Sleiman qui a constaté cet oubli, en revoyant la liste des personnalités à qui les insignes du Grand Commandeur de l'ordre du Mérite libanais avaient été accordées et qu'il s'est empressé d'y remédier.
Il a enchaîné en s'arrêtant sur le discours de Mme Sethrida Geagea, au Parlement, lorsqu'elle avait « affirmé qu'elle voulait connaître l'identité des assassins de Rachid Karamé. Le procès de cette affaire s'était déroulé devant la plus haute instance judiciaire libanaise », a rappelé M. Karamé avant de rendre un vibrant hommage aux magistrats qui s'en étaient chargés. « Comment peut-on dès lors dire que son verdict était erroné ? Si (le chef des Forces libanaises) Samir Geagea n'a pas commis ce crime, nous restons persuadés qu'il connaît ses auteurs. Qu'il nous dévoile leur identité pour qu'on puisse les juger, sinon les accusations se porteront toujours sur lui. »
En réponse à une autre question, M. Karamé a considéré comme une « marque de bonne volonté » les télégrammes envoyés par des personnalités du 14 Mars au président syrien, Bachar el-Assad, pour lui présenter leurs condoléances à la suite du décès de son frère. « Tout le monde sait que si des relations amicales et spéciales ne sont pas établies entre la Syrie et le Liban, ce dernier ne connaîtra pas la paix. Nous sommes pour la souveraineté et l'indépendance du pays et, en même temps, pour les meilleures relations avec la Syrie. Ceux qui épatent tous les jours avec des attaques contre la Syrie et la Résistance ne récolteront que davantage de divisions et de troubles à tous les niveaux au Liban », a-t-il averti.
Il s'est par ailleurs prononcé en faveur de l'abolition du confessionnalisme politique « partant du principe que le système actuel ne réussira pas ». « Mais cela ne se fait pas directement sur commande, dès que la commission sera établie. L'examen de ce dossier peut prendre une vingtaine d'années et presque autant pour des démarches pratiques », a indiqué M. Karamé.

