Duel entre l’attaquant lyonnais Bafetimbi Gomis (à gauche) et Marc Planus des Girondins de Bordeaux. Dirigeants et joueurs de l’Olympique lyonnais reconnaissent que la situation est grave mais pas désespérée après la défaite 1-0 face à Bordeaux qui a fait plonger l’OL à la neuvième place de la Ligue 1. Robert Pratta/Reuters
Il faut remonter très loin, jusqu'à la fin de l'année 1997, pour voir l'OL aussi mal classé après 16 matches disputés.
Deuxième de son groupe en Ligue des champions malgré un succès sur Debrecen (4-0) et sous la menace d'un tirage au sort difficile vendredi pour la suite de la compétition, Lyon pointe désormais à huit points de Bordeaux.
Le constat est clair pour le « club des années 2000 » qui a engrangé 15 titres depuis 2001 en comptant les sacres en Ligue 1, Coupe de la Ligue et Coupe de France, sans oublier les Trophées des champions.
« Nous ne sommes pas au niveau », reconnaît l'entraîneur Claude Puel. Faire un autre constat serait difficile car Lyon n'a plus gagné en championnat à Gerland depuis le 26 septembre (2-1, face à Toulouse), n'a pris que six points sur 24 possibles et a encaissé 18 buts.
« Huit points de retard, cela commence à être conséquent même si ce n'est pas décisif », concède Claude Puel.
« Ce n'est vraiment pas une bonne affaire de perdre chez nous contre un adversaire direct qui est leader. »
Un seul joueur, Kim Källström, est venu affronter les questions des journalistes après la défaite face à Bordeaux.
« Les Bordelais sont dans un bon rythme mais pas nous. Bien sûr, c'est très dur et, bien sûr, quand on perd un match comme celui-là, ce n'est pas bon pour la confiance », a dit le Suédois.
« Nous sommes neuvièmes. Nous sommes dans une situation inhabituelle parce qu'ici nous avons connu de grands moments, mais c'est ça le sport. Bordeaux a remonté neuf points l'an passé, nous pouvons encore y croire, mais ce sera dur. »
Puel fait face
Lyon glisse vers le bas et son entraîneur, pour la première fois depuis son arrivée en juillet 2008, a été copieusement sifflé par Gerland.
Un fait rare, remarqué, mais qui rappelle aussi que Jacques Santini et Paul Le Guen, dans leurs débuts à la tête du club, ont aussi essuyé les foudres du public
lyonnais.
L'un, avec une Coupe de la Ligue dès la première de ses deux années (2001) à la tête des professionnels, l'autre, avec un titre à l'issue de son premier exercice (2003), ont su faire taire les critiques.
Claude Puel semble parti pour faire moins bien que lors de sa première année où il a fini, au forceps, troisième de la Ligue 1 mais il fait face.
« Il n'y a pas d'autres possibilités que de se remettre au travail et de croire en nous. Il faut garder cet esprit pour affronter Boulogne à Gerland mercredi », dit-il.
« Il ne faut pas baisser la tête mais croire en nos moyens. Il est normal de voir le public manifester avec notre parcours actuel.
La situation n'est pas au niveau de ce que l'on doit attendre de l'équipe lyonnaise. »
Lâché par le public et certains joueurs qui n'hésitent plus à remettre en cause ses méthodes internes autoritaires, Claude Puel reçoit malgré tout l'appui sans faille de son patron.
« Le débat autour de l'entraîneur est injuste et déplacé », tranche Jean-Michel Aulas. « Ce ne sont pas des déclarations dans les médias ou auprès des supporteurs qui peuvent changer les choses. »


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