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Moyen Orient et Monde - Climat

Les ministres de l’Environnement à l’œuvre à Copenhague

La mobilisation s'accentue dans la capitale danoise et à travers le monde.

Manifestants et policiers se sont déployés en force ce week-end à Copenhague.            Jens Norgaard Larsen/Scanpix Danemark/Reuters

Sous la pression d'une mobilisation croissante à travers le monde, les ministres de l'Environnement se sont mis au travail hier à Copenhague pour tenter de parvenir à un accord climatique mondial lors du sommet des chefs d'État le 18 décembre. L'objectif affiché des négociations est de limiter la hausse de la température moyenne à la surface de la terre à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Certains pays directement menacés - petites îles en tête - réclament un objectif plus ambitieux de 1,5 degré. Mais la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, que ces objectifs impliquent, crée des tensions sur la répartition de l'effort. Un texte de sept pages - qui laisse de nombreuses questions cruciales ouvertes mais qui met en relief les points difficiles à dénouer - est depuis vendredi sur la table.
« Personne n'est d'accord avec le texte dans son ensemble mais la plupart des pays y trouvent quelque chose à leur goût et sont donc prêts à l'accepter comme une base de travail », résume Alden Meyer, directeur de l'Union of Concerned Scientists, un groupe de pression américain. Pour Connie Hedegaard, présidente danoise de la conférence, qui réunissait hier une quarantaine de ministres de l'Environnement, « les discussions sur le cœur (de l'accord) ont vraiment commencé ». « Nous avons encore un travail colossal devant nous », a-t-elle ajouté.
De fait, les points de désaccord sont nombreux. Les États-Unis, de retour au cœur de la diplomatie du climat après huit années d'immobilisme sous la présidence Bush, jugent en particulier inacceptable la terminologie utilisée (« pourraient » et non « doivent ») concernant les efforts des grands pays émergents. « Les États-Unis ont une obsession : la Chine », souligne Alden Meyer, qui suggère des discussions bilatérales entre les deux principaux pollueurs de la planète pour éviter de prendre en otages les 191 autres pays représentés à Copenhague. Efforts de réduction des émissions polluantes, méthodes de vérification des engagements, financement de l'aide aux plus vulnérables, devenir du protocole de Kyoto (dont les premiers engagements s'achèvent fin 2012), les sources de tensions sont nombreuses. « Il reste beaucoup de questions ouvertes, or la plupart sont d'énormes cartes politiques qui peuvent
difficilement être abattues avant le dernier jour », soulignait hier un négociateur occidental, qui ne dissimulait pas son inquiétude.
De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré « prudemment optimiste » sur l'issue de la conférence climat à son arrivée hier à l'aéroport de Copenhague. « Nous devons attendre la fin de la conférence pour voir si (elle) veut réellement envoyer un message » sur le changement climatique, a-t-il poursuivi.
Entre-temps, dans le centre de la capitale danoise, la mobilisation continuait : hier matin, la police a dispersé une manifestation anticapitaliste à l'appel du réseau Climate Justice Action (CJA), et interpellé plus de 250 personnes. Elle avait relâché dans la nuit précédente la quasi-totalité des quelque 1 000 personnes interpellées samedi - à l'exception de 4 personnes inculpées pour violence -, en marge d'un énorme défilé pour réclamer une action forte et juste contre le réchauffement, aux cris de « Plus de bla, bla, bla... Agissez maintenant ! » De nombreux autres rassemblements sont annoncés d'ici à l'arrivée, pour certains dès mercredi, de plus de 110 chefs d'État.
La matinée d'hier était aussi une journée de mobilisation des religions à l'appel de la campagne « 350.org ». Le prix Nobel de la paix et ancien archevêque anglican du Cap, Desmond Tutu, a remis une pétition, signée par 500 000 personnes, à Yvo de Boer, plus haut responsable du climat au sein de l'ONU, réclamant une action rapide et vigoureuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. « C'est un problème. Si nous ne le résolvons pas, personne ne survivra », a dit Mgr Tutu.
Sous la pression d'une mobilisation croissante à travers le monde, les ministres de l'Environnement se sont mis au travail hier à Copenhague pour tenter de parvenir à un accord climatique mondial lors du sommet des chefs d'État le 18 décembre. L'objectif affiché des négociations est de limiter la hausse de la température moyenne à la surface de la terre à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Certains pays directement menacés - petites îles en tête - réclament un objectif plus ambitieux de 1,5 degré. Mais la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, que ces objectifs impliquent, crée des tensions sur la répartition de l'effort. Un texte de sept pages - qui...
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