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Liban - Chambre

La Résistance, vedette du premier jour du débat de confiance

Au premier jour du débat de confiance, seize députés ont pris la parole pour soulever une série de questions pas toujours en rapport avec la déclaration ministérielle.

Vue générale de l’hémicycle, hier, au premier jour du débat de confiance. Photo Ibrahim Tawil

Le chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun, devait ainsi insister sur la sincérité et le respect mutuel dans les échanges et l'action politiques, alors que le député Nagib Mikati a mis l'accent sur l'ouverture d'une nouvelle page entre les dirigeants politiques « pour éviter de nouveaux dérapages vers des conflits internes ». Il a dénoncé dans ce cadre les atteintes à la Constitution, dont il a fait assumer la responsabilité à l'opposition, mais sans la nommer directement. Il s'est arrêté en particulier sur les « anomalies » qui ont ponctué le processus de formation du gouvernement, évoquant la façon avec laquelle les ministres et les portefeuilles avaient été « choisis et imposés », et déplorant le fait que le général Aoun, qu'il n'a pas nommé, ait annoncé une partie de la composition du cabinet sans attendre que le Premier ministre, Saad Hariri, en fasse l'annonce officielle. « Il est important de ne pas consacrer ces pratiques », a averti M. Mikati, jugeant nécessaire de « modifier en priorité le comportement politique pour mettre fin à la sélectivité au niveau de l'application de la Loi fondamentale avant de débattre de ses lacunes ».
Si les députés qui ont pris la parole ont commenté, d'une façon plus ou moins détaillée, les orientations économiques et sociales du nouveau gouvernement, ce sont notamment les armes du Hezbollah qui ont entraîné le plus de commentaires. M. Mikati a relevé que « les armes de la Résistance sont indissociables du dossier régional, ce qui ne laisse aucune place aux surenchères ponctuelles et locales ». « Œuvrons alors pour renforcer l'autorité de l'État et évitons de nous laisser entraîner sur la voie de conflits intérieurs préjudiciables à l'image de la Résistance et à la noblesse de sa mission », a-t-il commenté, avant d'inviter le gouvernement à présenter, sans tarder, le calendrier programme des ambitieux projets qu'il se propose d'exécuter et d'annoncer, qu'avec son collègue, Ahmad Karamé, il compte accorder sa confiance au gouvernement. Le député Khodr Habib a également annoncé vouloir accorder sa confiance au gouvernement.
M. Tammam Salam a mis l'accent sur le débat suscité par l'article 6 relatif à la Résistance, affirmant qu'il comprend les réserves exprimées par ses détracteurs et déplorant que la relation entre l'État et cette dernière n'a pas été définie en attendant qu'une stratégie nationale de défense soit établie à la conférence du dialogue national.
M. Salam, qui a affirmé vouloir accorder sa confiance au gouvernement, s'est longuement attardé sur le chapitre relatif à la lutte contre la corruption et a mis l'accent sur la nécessité de promulguer une nouvelle loi électorale.

Alain Aoun
Après avoir exprimé le souhait que la page du passé soit tournée, le député Alain Aoun a souligné la disposition de son bloc du Changement et de la Réforme à collaborer « en toute sincérité avec le gouvernement pour lancer le chantier de réforme et de la modernisation du Liban ». Il a mis l'accent sur l'importance de certains dossiers qui attendent la nouvelle équipe ministérielle.
M. Aoun s'est félicité des nouvelles orientations économiques du gouvernement « qui brise le lien qui était établi entre les investissements et les sources de financement préalables, ce qui libère la politique économique des investissements dans le service de la dette au lieu des investissements dans les secteurs productifs ». M. Aoun a encouragé le gouvernement à investir dans ces secteurs avant de se féliciter également de la volonté de l'équipe Hariri d'établir un programme bien défini pour les investissements et les dépenses publiques, et de proposer l'établissement d'un ministère du Plan ou d'une autorité de gestion qui s'occuperait de la coordination entre les différents organismes concernés par les projets, en vue d'une exécution réussie.
Au niveau de la sécurité, Alain Aoun a proposé la mise en place d'un nouveau Conseil de commandement des FSI « qui serait le fruit de l'entente politique actuelle ».
M. Aoun a également soulevé la question des personnes portées disparues et a proposé l'établissement d'une banque d'ADN. Il a également proposé que les éventuels témoins d'enlèvements soient invités à envoyer leurs témoignages de manière confidentielle à des adresses postales précises. « L'important est de localiser les personnes portées disparues et non pas de démasquer les coupables », a-t-il dit avant d'indiquer que le bloc aouniste accordera sa confiance au gouvernement.
M. Robert Ghanem s'est arrêté sur les causes de la crise au Liban, soulignant la différence dans les conceptions des priorités entre les deux camps adverses en présence. Comparant le Liban avec ses belligérants à des frères siamois, M. Ghanem s'est arrêté sur la problématique que pose la Résistance, estimant que celle-ci est « noble lorsqu'elle se fonde sur le concept de l'État ». « Elle ne peut pas aller à l'encontre du concept de l'État ou même le concurrencer », a ajouté le député qui, à l'instar de M. Mikati, a déploré les atteintes à la Constitution, qui ont marqué le processus de formation du gouvernement.
M. Ghanem a abordé la question de l'abolition du confessionnalisme politique, estimant qu'elle doit être un résultat et non pas un objectif, et qu'elle doit succéder à la réalisation de la décentralisation administrative, l'élaboration d'une nouvelle loi électorale et d'une autre sur les partis, ainsi que la création d'un Sénat. M. Ghanem a mis en garde dans ce cadre contre le fait de brûler les étapes, incitant le président de la Chambre à réagir pour mettre l'accent sur l'importance de la commission pour l'abolition du confessionnalisme politique. M. Berry a fait état de « tsunami » communautaire durant les élections, ce qui commande, à ses yeux, le lancement du processus d'abolition du confessionnalisme politique.

La séance nocturne
En soirée, à la reprise du deuxième round du débat, les armes du Hezbollah ont été de nouveau la vedette. M. Ammar Houri a demandé que Beyrouth soit une ville démilitarisée, soulignant que la préservation de la paix civile constitue une priorité absolue et que la formule de la sécurité à l'amiable n'est pas fiable, alors que son collègue Élie Marouni s'est interrogé sur le point de savoir si l'article relatif à la Résistance n'est pas en contradiction avec les résolutions internationales. Presque toute son intervention était axée sur la Résistance, « terme qui ne doit pas figurer dans la déclaration ministérielle parce que tout le peuple est résistant ». M. Marouni a considéré que la souveraineté libanaise est « tronquée parce que l'armée n'est pas sérieusement équipée à cause du Hezbollah et des armes des Palestiniens à l'intérieur et en dehors des camps ». Il a accusé le parti de Dieu de violer la résolution 1701, ce qui lui a valu une réplique acerbe du président de la Chambre.
Après l'intervention de Mme Gilberte Zouein qui a plaidé en faveur de la décentralisation administrative, M. Nawwar Sahili a estimé que la Résistance est « une réaction nationale à l'occupation israélienne et que le Liban puise sa force de sa présence ». Une idée également reprise par M. Marwan Farès qui a fait état d'une complémentarité entre l'armée, le peuple et la Résistance, et qui a jugé que celle-ci « consolide le projet d'édification de l'État, en l'immunisant face aux visées israéliennes ».
Le député Mohammad Kabbani a pour sa part relevé la présence de trois « fléaux » dans le pays : le confessionnalisme, la corruption et l'indifférence, estimant que le système libanais est devenu fédéral en présence des communautés. Il a repris à son compte les propos du patriarche maronite Nasrallah Sfeir, affirmant qu'il faut éliminer le confessionnalisme des esprits avant de l'éliminer des textes.
Les derniers à prendre la parole tard en soirée étaient Émile Rahmé et Badr Wannous.

Le chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun, devait ainsi insister sur la sincérité et le respect mutuel dans les échanges et l'action politiques, alors que le député Nagib Mikati a mis l'accent sur l'ouverture d'une nouvelle page entre les dirigeants politiques « pour éviter de nouveaux dérapages vers des conflits internes ». Il a dénoncé dans ce cadre les atteintes à la Constitution, dont il a fait assumer la responsabilité à l'opposition, mais sans la nommer directement. Il s'est arrêté en particulier sur les « anomalies » qui ont ponctué le processus de formation du gouvernement, évoquant la façon avec laquelle...
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