Le réchauffement climatique a transformé certains ours polaires en cannibales. Sur cette photo prise dans le Grand Nord canadien, un ours polaire adulte transporte la tête d’un ourson qu’il vient de dévorer. Iain D. Williams/Reuters
« Nous avons pris un bon départ », a estimé hier Yvo de Boer, secrétaire de la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, invitant les délégués à s'entendre sur les détails techniques du projet d'accord. Il a cependant souligné que les principaux points d'achoppement, tels que les objectifs de réduction des pays riches et les aides financières à destination des pays pauvres, ne pourraient être vraiment abordés que lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement, le 18 décembre. Une centaine de dirigeants mondiaux sont attendus pour l'occasion. Dessima Williams, représentante de la Grenade et présidente de l'Alliance des petits États insulaires (Aosis), a déclaré à Reuters que les objectifs pour l'instant annoncés par les pays industrialisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre étaient bien trop bas. L'Aosis demande un objectif de baisse de 45 % sur la période 1990-2020.
Une avancée américaine ?
Washington n'a pour l'instant émis qu'une offre provisoire, qui prévoit 17 % de baisse des émissions entre 2005 et 2020, ce qui ne correspond qu'à une baisse de 3 % par rapport au niveau de 1990. Mais l'Agence environnementale américaine (EPA) a annoncé lundi qu'elle considérait désormais l'excès de gaz à effet de serre comme nocif et qu'elle avait l'autorité pour en exiger la diminution avant le vote d'une loi au Congrès.
Cette avancée de la part des États-Unis a été saluée avec prudence à Copenhague. « C'est bienvenu, mais ce n'est pas assez de notre point de vue », a commenté Dessima Williams. Les délégués indiens attendaient également de voir cette décision se traduire par des annonces concrètes.
Yvo de Boer a, quant à lui, voulu souligner l'élan potentiel que cette décision pouvait donner aux pourparlers. « Je pense que cela va renforcer l'espoir que les États-Unis finiront par annoncer un chiffre, et que ce chiffre sera confirmé », a-t-il dit. La position des États-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre après la Chine, sera fondamentale pour sortir de l'impasse sur le partage des responsabilités et des efforts entre pays riches et pauvres. La Chine a insisté sur la nécessité d'aboutir à un accord sur les aides financières et les transferts de technologies « vertes » aux pays pauvres.
Hier soir, un représentant du G77 (coalition de 130 pays en développement) a par ailleurs estimé qu'un projet de texte danois, qui a commencé à circuler dans les couloirs de la conférence de Copenhague, « menace le succès des négociations ». La présidence danoise a mis en garde contre une surinterprétation d'un texte en particulier, tout en revendiquant la nécessité de tester des idées auprès de différents pays.
De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré hier être « optimiste » et s'attendre à un accord « solide » à la conférence de Copenhague. Parallèlement, l'Organisation météorologique mondiale a averti hier que la décennie 2000-2009 devrait être « la plus chaude jamais enregistrée » depuis les premiers relevés instrumentaux en 1850. « Nous sommes dans une tendance de réchauffement, nous n'avons pas de doute là-dessus », a déclaré Michel Jarraud, son secrétaire général, soulignant que l'année 2009 devrait, selon des calculs provisoires, se classer au 5e rang des années les plus chaudes.

