C'est après le vote que le parcours de Saad Hariri se compliquera. Un avant-goût des surprises qui l'attendent lui a été donné dimanche, quand il a appris par voie de presse que des commissions rogatoires avaient été émises par la justice syrienne, qui désire entendre quelques ministres, anciens députés et hauts officiers libanais, accusés par Jamil Sayyed, ancien patron de la Sûreté générale, de « faux témoignage ». Alors que M. Hariri se prépare à une tournée arabe qui commencerait par Damas, la nouvelle a de quoi déranger. Cependant, l'information est restée incertaine, car aucun des intéressés n'a été notifié par voie légale des convocations.
Les observateurs n'ont pas manqué de souligner que la petite bombe de Jamil Sayyed a explosé durant le séjour au Liban du commissaire Daniel Bellemare, venu demander au Libanais de ne pas perdre espoir, même si la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri tardait à se manifester.
Entre-temps, c'est le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui s'est invité hier au débat de confiance, en lançant un énième avertissement au Liban : Le Hezbollah est « la véritable armée libanaise », a-t-il dit, grossissant les traits de la politique sans humanité suivie par son pays. Mais il est douteux que ce bluff, qui fait partie d'une guerre psychologique permanente exercée par Israël sur le Liban, ait un quelconque effet sur les parlementaires. Ou qu'il ait des suites, dans l'immédiat au moins.
Les menaces de Netanyahu interviennent à quelques jours du voyage du chef de l'État aux États-Unis, où il doit rencontrer le président Barack Obama, le 14 décembre. Le président Sleiman, qui prépare activement son voyage, a reçu hier à Baabda le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a rassuré, une fois de plus, les Libanais : « La présence des Palestiniens (au Liban) ne peut être définitive. » Un message qu'il adresse aussi à un président américain incapable de faire entendre raison à Israël.
Fort du mandat de deux ans accordé au Liban comme membre élu du Conseil de sécurité, le président Sleiman prépare activement avec son état-major, notamment Nawwaf Salam, ambassadeur du Liban à New York, les réponses qu'il apportera aux questions que les dirigeants américains pourront lui poser, notamment au sujet du Hezbollah.
Il évoquera pour sa part, avec ses interlocuteurs, la question de l'équipement de l'armée libanaise, celle des violations israéliennes de la souveraineté libanaise et la poursuite de l'occupation de portions de territoire libanais, notamment la partie nord de Ghajar. Il se fera surtout le grand avocat d'une paix régionale passant par l'instauration d'un État palestinien, qui attend le bon vouloir d'Israël pour connaître ses frontières.

