« L'Unami (Mission de l'ONU d'aide à l'Irak) est prête à apporter tout son soutien à la commission électorale pour aboutir à l'objectif » de tenir les élections le 27 février, a affirmé hier dans un communiqué l'envoyé spécial de l'ONU, Ad Melkert. Mais après le vote dimanche à l'unanimité par le Parlement de la mouture définitive de la loi électorale, la balle est désormais dans le camp du Conseil présidentiel. Selon la Constitution, il revient à cette instance regroupant le chef de l'État et ses deux adjoints de ratifier la loi et d'annoncer la date du scrutin. La date du 27 février a été avancée par les experts de l'ONU et la commission électorale irakienne lors d'une réunion hier matin avec le vice-président sunnite Tarek al-Hachémi qui, avec son veto à une première mouture de la loi, fut à l'origine du retard de la tenue des élections prévue à l'origine dans la troisième semaine de janvier. « Nous avons, avec l'ONU, proposé cette date à M. Hachémi qui a promis d'agir pour que le Conseil présidentiel ratifie aujourd'hui ou demain (mardi) la loi électorale et fixe la date proposée », a déclaré hier à l'AFP Qassem al-Aboudi, un des principaux responsables de la
Commission électorale.
Cependant, les députés vont devoir voter une loi prolongeant la législature d'un mois pour se conformer à la Constitution, comme l'ont décidé la semaine dernière le chef de l'État, Jalal Talabani, et le Premier ministre, Nouri al-Maliki. En effet, la législature prend fin le 15 mars et, selon la Constitution, les élections doivent se tenir 45 jours auparavant soit fin janvier.
Les États-Unis et l'ONU ont mis tout leur poids dans la balance pour arracher l'accord, notamment auprès de la communauté kurde qui réclamait un nombre de sièges jugé excessif aux yeux des sunnites et des chiites. Selon un communiqué du gouvernement autonome du Kurdistan, Massoud
Barzani a reçu dimanche soir des appels téléphoniques du président américain Barack Obama et du vice-président Joseph Biden. « Le président kurde leur a promis de travailler sans relâche pour que toutes les parties aboutissent à un accord qui soit acceptable par tous », précise le communiqué. À deux reprises, Washington et l'ONU avaient demandé dimanche un report de la session extraordinaire du Parlement prévue initialement à la mi-journée, pour parvenir à un consensus sur un texte qui a fait l'objet d'intenses tractations depuis plus de deux mois, a-t-on ajouté. Jusqu'au dernier moment, les Kurdes ont bataillé pour ne pas voir leur influence réduite au sein du prochain Parlement.
En 2005, en raison du boycottage des sunnites, les deux grands partis et les islamistes kurdes avaient remporté au total 58 des 275 sièges de l'Assemblée. Dans le nouveau Parlement, qui comptera 325 sièges, les Kurdes sont assurés de remporter les 41 sièges attribués à leurs trois provinces du nord et pourront glaner dans les autres provinces et au niveau national une dizaine de sièges supplémentaires. Les minorités, notamment les chrétiens, auront huit sièges et la loi prévoit qu'un tiers des députés seront des femmes. Un accord a été également trouvé sur le vote des Irakiens vivant à l'étranger, qui voteront pour les candidats de leur province d'origine. L'administration américaine compte sur une tenue rapide des élections pour
pouvoir entamer le retrait de ses troupes de combat, qui doit s'achever en août 2010, avant un désengagement total fin 2011.
Par ailleurs, huit personnes, dont six élèves, ont été tuées, et 41 autres, dont 3 professeurs et 25 élèves, ont été blessées hier dans une explosion accidentelle à l'entrée d'une école de garçons de Sadr City, le quartier chiite du nord de Bagdad. La cause du drame reste pour le moment indéterminée. De même, six sahwas, miliciens sunnites hostiles à el-Qaëda, ont été tués dans le nord de Bagdad par des assaillants munis de pistolets. Enfin, un civil a été tué et cinq autres ont été blessés par l'explosion d'une bombe magnétique accrochée à un minibus à Mansour, dans l'ouest de Bagdad.

