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Moyen Orient et Monde - Le Point

En attendant…

Dans la colonne de gauche, notez les pires moments des dix dernières années et les meilleurs moments dans la colonne de droite. Relisez, comparez, tirez la conclusion qui s'impose : peut-être bien, comme l'affirmait la semaine dernière l'hebdomadaire américain Time, que ce fut une décennie d'enfer (« A Decade from Hell »). Avec en couverture, comme pour appuyer ce jugement, un bébé coiffé d'un bonnet de cotillon, entouré de jouets. Et en larmes. Des esprits chagrins vous demanderont d'attendre, parce que l'année n'est pas encore terminée, qui devrait marquer la fin de cette période maudite commencée avec la grande peur d'un Y2K qui ne s'est jamais produit et clôturée...
Au fait, comment nous tirera-t-elle sa révérence, cette dernière année d'une période la plus noire de l'histoire de l'humanité, osent un peu vite certains. Tout doux, messieurs. Certes, sombre elle fut mais « seulement » pour les États-Unis et certaines autres contrées, mais pas pour d'autres - le Brésil, tiens, pour ne citer que lui. À part ces happy fews, que de malheureux de par le monde ! Nous avons tous ressenti, quoique à des degrés divers, les retombées d'un tristement célèbre 11-Septembre. Nous avons compati aux souffrances des victimes du terrible ouragan Katrina (1 500 morts, 100 milliards de dollars de dégâts). Ou encore à celles du peuple irakien, à peine libéré du joug de Saddam Hussein et ployant sous celui d'une autre guerre, interconfessionnelle celle-là), des Palestiniens qui voient le Territoire sur lequel ils continuent de vivoter rétrécir comme peau de chagrin. Sitôt nées, les bulles sont venues s'échouer sur les rives des krachs, comme la baleine dans le film-culte de Federico Fellini. Si l'immobilier se prépare à atteindre de nouveaux Himalaya - ils seront toujours nombreux à avoir besoin d'un toit -, combien d'autres secteurs ont franchi le grand pas en arrière, passant du chapitre des profits à celui des pertes ?
On n'aurait pas tort de relever que la période sous examen est constituée de deux mandats de George W. Bush, d'une année Clinton et, celle qui s'apprête à tirer sa révérence, d'une année Obama. Le 43e président américain, nous dira-t-on, a reçu en héritage une gestion dont son prédécesseur est responsable. Mais tel est, aussi, le cas de son successeur et actuel locataire de la Maison-Blanche.
L'énumération, des plaies qui se sont abattues sur le genre humain et sa pauvre planète pourrait être longue, à la limite fastidieuse. Parlons, plutôt que des effets des désastres pas toujours annoncés - exception faite pour ceux, nombreux, qui attendent l'écologie sur notre (pas pour longtemps) bonne vieille terre -, des raisons qui les ont provoqués. L'appât du gain représente une des explications, comme l'avouerait Bernie Madoff, matricule 61727-054 à la prison de Butner, en Caroline du Nord. Comme le reconnaîtraient également l'ingénieur ayant conçu un immeuble-chatêau de cartes condamné à plus ou moins brève échéance à s'écrouler, le praticien trop vite oublieux de son serment d'Hippocrate, le journaliste soucieux de gonfler son compte en banque plutôt que de dégonfler les baudruches qui se bousculent à l'horizon politique. Eh oui ! Nous vivons en des temps où le dollar-roi se confond plus couramment qu'il n'est permis avec « In God we Trust », où « vous valez ce que vous avez » et surtout pas comment vous l'avez obtenu. Il y a la « realfortune » comme il y a la « realpolitik » et tous les catéchismes du monde n'y pourront rien. Soit.
Passe encore s'il n'y avait que cela... Si l'amateurisme ne se mêlait pas de régenter, dans ses moindres détails, notre existence ; si les « pros » appelés par les maîtres à donner leur avis sur un sujet déterminé ne cherchaient pas à plaire à ceux-là et donc à abonder dans leur sens ; si eux-mêmes n'étaient pas mus par des intérêts particuliers plutôt que par l'intérêt général. On parlera dans ce cas, simples exemples parmi des milliers, du complexe militaro-industriel, d'une mafia qui n'a rien à voir avec Cosa Nostra (non, non, ne cherchez pas un quelconque amalgame), de lobbies au service d'un régime. De nos jours, du plombier par vous appelé à régler un problème de fuite d'eau au grand argentier censé veiller sur le sain équilibre du budget de l'État - le vôtre, pauvre contribuable ! - en passant par votre autoproclamé gourou en matière de régime alimentaire, vous ne rencontrerez sur votre chemin que des êtres incapables de répondre à la plus élémentaire de vos exigences ou, plus grave, n'éprouvant aucune envie de le faire, vous forçant à vous rabattre sur Facebook pour trouver des remèdes à vos maux.
Décennie infernale, dites-vous ? Osons espérer qu'il nous sera loisible d'en dire autant de la prochaine.
Dans la colonne de gauche, notez les pires moments des dix dernières années et les meilleurs moments dans la colonne de droite. Relisez, comparez, tirez la conclusion qui s'impose : peut-être bien, comme l'affirmait la semaine dernière l'hebdomadaire américain Time, que ce fut une décennie d'enfer (« A Decade from Hell »). Avec en couverture, comme pour appuyer ce jugement, un bébé coiffé d'un bonnet de cotillon, entouré de jouets. Et en larmes. Des esprits chagrins vous demanderont d'attendre, parce que l'année n'est pas encore terminée, qui devrait marquer la fin de cette période maudite commencée avec la grande peur d'un Y2K qui ne s'est jamais produit et clôturée...Au fait, comment nous...
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