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Lifestyle - Exposition

Inaash, des couleurs et de la tradition

La broderie est son savoir-faire, la préservation de l'héritage culturel palestinien sa cause. À l'occasion des fêtes, l'association Inaash a réuni des pièces choisies dans une exposition intitulée « L'art dans la broderie palestinienne ».*

Un travail minutieux.

Depuis 1969, date de la création de cette ONG libanaise, à 2009, ce sont quarante années d'un combat amical que livrent un groupe de dames libanaises et palestiniennes pour, d'une part, améliorer les conditions de vie et d'éducation des réfugiés dans les camps palestiniens de Chatila, Aïn el-Helwé, Miyyé Miyyé, Baalbeck, Mar Élias, Rachidieh et Barja), et, d'autre part, développer la broderie dans le strict respect de la tradition, à travers des produits fabriqués et revendus.
Inaash, association pour le développement des camps palestiniens, est née d'une idée lancée par l'artiste Huguette Caland, à la fin des années 60. « Je ne comprenais pas alors, confie-t-elle, comment aucune des personnes qui m'entouraient n'avaient eu la curiosité de voir ce qui se passait dans les camps de Sabra et Chatila, surtout après la guerre des Six-Jours. Quand j'ai vu l'état des lieux, j'ai voulu casser le ghetto, donner à ces femmes une indépendance, du travail, et faire revivre leur artisanat. »
Avec un groupe de dames qui lui ont prêté main-forte, « il a fallu en pêcher certaines à la ligne, le sujet était et reste politiquement trop délicat et dangereux », l'association a évolué avec le temps, entraînant dans son action un plus large groupe de dames. Huguette Caland s'en est retournée à ses peintures et aux USA, tout en restant, quelque part, l'âme de l'association qu'elle aide au besoin. Un comité
exécutif formé de 10 personnes, 50 membres, 40 employés, des brodeuses et des couturières se charge à présent, dans un même élan, de la bonne marche du travail, des commandes, des designs et de l'exécution. « Aujourd'hui, avoue-t-elle, Inaash produit des merveilles. Le travail qui y est fait est respecté et
respectable. »

Actualité
Dans leur bureau, qui est également, « hélas », disent-elles, une salle d'exposition, ces dames d'un âge mûr, fières d'être encore très actives, manœuvrent pour finaliser les préparatifs à la veille de l'exposition « Art in Palestinian Embroidery », l'art dans la broderie palestinienne, qui se tiendra du 9 au 12 décembre à la galerie l'Ébeniste. Car il s'agit bien d'art, dans la manière et dans le résultat. Il y a celles qui se chargent de la production, celles qui s'occupent de la forme, qui appellent Nada Debs pour s'assurer que son installation se déroule bien, que tous les détails sont bien mis en valeur. Que leur production trouve enfin la vitrine idéale pour, provisoirement, déployer ses couleurs et ses motifs. « Nous avons besoin d'événements particuliers pour booster les ventes », nous confie une des responsables. Après l'Unesco, le Museum of Mankind à Londres, l'Institut du monde arabe, le Crafts ans Folk Arts Museum de Los Angeles, Dubaï, Abou Dhabi et Bahreïn, Beyrouth offre un écrin à ces robes, coussins, cravates, et autres objets directement inspirés de la tradition palestinienne.
C'est également dans ces bureaux que le travail démarre, et se termine. Les responsables artistiques décident des modèles à exécuter. Elles préparent l'esquisse, les fils choisis, le canevas et les instructions dans un sac qui sera remis à une des brodeuses dans le camp où elle vit. « Les femmes qui travaillent sont 450 au total et ne peuvent pas quitter leur camp. Elles ont des enfants et des responsabilités. » Cette tradition, acquise de mère en fille, démarre avec le linge brodé à la veille du mariage par une jeune fille en fleur. « La tradition persiste, nous puisons dans les motifs traditionnels, dans la manière de faire, sans rien modifier. Avec le temps, nous explique-t-on, de nouvelles couleurs sont venues s'ajouter à la palette classique, des matériaux mis au goût du jour. Mais pour le reste, nous tenons à fabriquer les pièces avec nos tissus de prédilection, la soie, le najaf, le lin et la laine. »
Une grande partie de ces pièces uniques sont exposées pour quelques jours dans un très bel espace, gracieusement prêté par Naïla Kettaneh Kunigk. Aucune d'elles ne ressemble à l'autre, car, nous précisent ces dames, « il y a l'intervention de la brodeuse, ses envies, sa touche personnelle et même ses maladresses ». Les robes rouges, noires, pastels, somptueusement suspendues, les coussins de toutes tailles, les étuis à cellulaires, à lunettes, les sous-verres et les sous-plats, créées dans la même veine, traduisent à la fois la continuation d'une tradition et un travail de qualité qui, plus que de l'artisanat, ressemble à de l'art.

* Le vernissage de « Art in Palestinian Embroidery » aura lieu mercredi 9 décembre de 18h à 21h. L'exposition se poursuivra jusqu'au samedi 12 décembre à la galerie l'Ébeniste, centre Gefinor, bloc E, rez-de-chaussée.
Depuis 1969, date de la création de cette ONG libanaise, à 2009, ce sont quarante années d'un combat amical que livrent un groupe de dames libanaises et palestiniennes pour, d'une part, améliorer les conditions de vie et d'éducation des réfugiés dans les camps palestiniens de Chatila, Aïn el-Helwé, Miyyé Miyyé, Baalbeck, Mar Élias, Rachidieh et Barja), et, d'autre part, développer la broderie dans le strict respect de la tradition, à travers des produits fabriqués et revendus.Inaash, association pour le développement des camps palestiniens, est née d'une idée lancée par l'artiste Huguette Caland, à la fin des années 60. « Je ne comprenais pas alors, confie-t-elle, comment aucune des...
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