Entre-temps, le texte de la déclaration ministérielle et les débats en Conseil des ministres continuent de provoquer des réactions mitigées. Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Hassan Mneimné, a qualifié d'« excellents » les débats en Conseil des ministres, minimisant l'importance des objections formulées sur le chapitre relatif à la résistance. « Chaque partie a le droit de donner son point de vue », a-t-il dit, estimant que « le climat consensuel prévaut depuis que le président avait annoncé qu'il est nécessaire de consolider l'unité nationale, même si le 14 Mars a remporté les élections. »
Même son de cloche chez le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, qui a exprimé l'espoir que le même climat d'entente prévale durant les prochaines réunions du Conseil des ministres. « Toutes les parties sont aujourd'hui convaincues que les conflits peuvent exister au niveau politique, mais qu'ils ne doivent pas porter sur des questions qui concernent directement le quotidien des Libanais, comme l'électricité », a-t-il ajouté.
Membre du Bloc parlementaire du changement et de la réforme, M. Nabil Nicolas a désigné comme « une tempête dans un verre d'eau » les réserves exprimées en Conseil des ministres au sujet de la déclaration ministérielle, précisant que celles-ci « n'affectent pas l'action du Conseil des ministres mais sont destinées à la propagande médiatique ». « En l'absence d'une entente ministérielle, ceux qui sont hostiles au texte ou qui ont des réserves à exprimer n'ont qu'à démissionner », a-t-il dit dans une déclaration à Radio-Orient.
Concernant le volet relatif à la résistance, il a indiqué que l'accord de Taëf prévoit « la libération du territoire national par tous les moyens disponibles, ce qui ne signifie pas par les moyens politiques seulement. La résistance constitue un de ces moyens », a-t-il conclu.
Reçu à Rabieh, où il a eu avec le général Michel Aoun un entretien portant sur l'actualité locale, le député Assaad Hardane a mis l'accent sur « l'appartenance nationale du Hezbollah » et sur « les sacrifices qu'il a consentis pour le Liban », jugeant nécessaire que les Libanais se rallient autour de lui. « Il faut que les Libanais qui ont un autre point de vue revoient leurs calculs parce que c'est tout le pays qui est menacé et non pas une seule partie. »
De Paris où il a participé à une cérémonie organisée par les Forces libanaises à l'occasion de la fête de l'Indépendance, le député Antoine Zahra a établi une comparaison entre les armes des Palestiniens, après la conclusion de l'accord du Caire, et les armes du Hezbollah aujourd'hui. Il a mis l'accent sur le fait qu'« aucun État ne peut se remettre sur pied en présence d'armes dont il n'a pas le contrôle ».

