Au cours de ce tournoi, Davydenko aura battu tous les vainqueurs des tournois du grand chelem cette année, Rafael Nadal (Open d’Australie) lors de la phase de poule, Roger Federer (Roland-Garros et Wimbledon) et enfin Del Potro, qui s’était imposé à l’US Open.Et la rencontre contre ce dernier aura presque été une formalité pour le Russe. Dans la première manche, Davydenko a fait le break dès le quatrième jeu et n’a plus lâché prise jusqu’à boucler le set sur un jeu de service blanc après 38 minutes.Dans la deuxième manche, la partie s’est équilibrée jusqu’à quatre partout, chacun des deux joueurs ayant auparavant dû écarter deux balles de break. Au neuvième jeu, le Russe ravissait la mise en jeu de son adversaire qui ne marquait pas le moindre point sur son engagement et concluait immédiatement après sur son service.Photo Suzanne Plunkett
Cette victoire récompense la grande régularité au plus haut niveau du Russe, qui participait pour la cinquième fois d'affilée au grand rendez-vous de clôture du circuit.
Redouté par la plupart des joueurs, Davydenko butait systématiquement sur l'obstacle avant d'atteindre le sommet et particulièrement sur Roger Federer.
Le verrou suisse a sauté en demi-finale à Londres, où le Russe est enfin parvenu à surpasser son complexe d'infériorité pour décrocher sa première victoire sur le n° 1 mondial à sa treizième tentative.
En finale, Davydenko a comme à son habitude imposé une cadence très élevée du fond du court grâce à sa vitesse qui lui permet de prendre la balle tôt.
Mais il a su aussi s'appuyer sur un service en progrès (5 aces) et n'a pas hésité à venir au filet pour conclure les échanges avec beaucoup d'adresse (11 points sur 12 montées).
Del Potro a été obligé de subir, peut-être par manque de fraîcheur physique. Il avait terminé sa demi-finale contre Robin Soderling la veille après 23h00. Incapable de concrétiser aucune de ses trois balles de break, il s'est incliné en moins de 1h30 min.
Davydenko, le premier Russe à inscrire son nom au palmarès du Masters, est né en Ukraine en 1981 et s'est installé dès l'âge de 15 ans en Allemagne, avec son frère et entraîneur Édouard, pour travailler son tennis. Il n'est devenu russe que trois ans plus tard.
Confiance nouvelle
Il termine en beauté une année qui avait pourtant fort mal commencé. Blessé au talon, il n'avait pu disputer que quatre tournois de janvier à avril et avait quitté le top 10 pour la première fois depuis la mi-2006.
Mais il est revenu très fort à partir de l'été, remportant ses quatre finales (Hambourg, Umag, Kuala Lumpur, Shanghai). En Chine, dans l'un des deux gros tournois précédant le Masters, il avait battu successivement Novak Djokovic et Rafael Nadal.
Il lui reste maintenant à exploiter cette confiance nouvelle en grand chelem. Il a pour l'instant joué quatre demies et cinq quarts mais aucune finale.
Pour Del Potro, la défaite en finale est bien sûr une déception, d'autant qu'elle vient pour lui aussi après une victoire sur Roger Federer en poule.
Mais le grand Argentin (1,98 m) a confirmé à 21 ans son installation parmi les tout meilleurs, deux mois et demi après sa victoire un peu inattendue à l'US Open, dans un contexte de nivellement au sommet.
La finale du Masters opposait en effet les n° 5 et n° 7 mondiaux. Parmi les quatre premiers, seul Roger Federer avait atteint les demi-
finales, au contraire de Rafael Nadal, battu trois fois en trois matches, Andy Murray et Novak Djokovic.


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